ÉVÉNEMENTS

Les États Généraux de la Régie, du 16 au 18 novembre 2016 à Strasbourg !

L’AFROA organise cette année les premiers états généraux de la régie en France, du 16 au 18 novembre 2016 à Strasbourg !

Cet événement national et inédit en France verra se rassembler jusqu’à 140 professionnels et étudiants dans le domaine de la Régie des œuvres autour de différentes thématiques concernant les métiers de la régie, la formation des régisseurs et les mutations de la profession. Moment privilégié de concertation et d'échanges, ces états généraux se tiendront au Musée d’Art Moderne et Contemporain de Strasbourg.

Ne manquez pas cette occasion exceptionnelle de rencontrer divers professionnels de la régie, de la conservation, de l’enseignement, de la diffusion ou encore de la production des œuvres !

Programme et modalités d’inscription / Liste des participants (.pdf)

LES VISITES PROPOSÉES AUX ADHÉRENTS

L’AFROA propose à ses adhérents des invitations permettant à certains de nos collègues de présenter un projet auquel ils ont participé.

Il peut par exemple s’agir de visites d’expositions, ou de lieux dont les accès sont habituellement restreints. C’est l’occasion de nous retrouver, d’échanger et souvent de se connaître.

La double condition pour participer à ces événements est d’être adhérent pour l’année en cours et de s’inscrire par mail individuel auprès de la personne concernée. Les adhérents sont prévenus par mail des visites organisées, et reçoivent par la suite les informations complémentaires si ils s’inscrivent.

DERNIÈREMENT

VISITE DES RÉSERVES DU MUSÉE DE L’ASSISTANCE PUBLIQUE - HÔPITAUX DE PARIS (PARIS)
LE 9 FÉVRIER 2017

Préambule

Le 9 février 2018, 15 adhérents de l'AFROA ont été accueillis dans une des réserves du musée de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) par Mesdames Camille PerezCamille Perez, conservatrice et directrice du musée, et Dominique Plancher, responsable des collections.

L'AFROA les remercie chaleureusement pour leur accueil, leur précieux temps qu'elles ont su nous consacrer, et la présentation des différentes collections qui jalonnent les espaces de stockage.

Histoire et statut de l’institution

L'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) est fondée en 1849. Elle réunit différents hôpitaux situés à Paris. Certains de ces établissements ont été fondés au cours du Moyen Age.

En 1934, le « musée historique et artistique des hôpitaux de Paris » est ouvert au public. Il se situe alors dans l’hôtel de Miramion, sur le quai de la Tournelle, face à la cathédrale Notre- Dame. Il rassemble des œuvres issues de l’ameublement et du fonctionnement des différents hôpitaux ainsi que des dons des particuliers. Les collections sont déjà variées : instruments chirurgicaux et paramédicaux, objets de pharmacie, objets de la vie quotidienne hospitalière, peintures, sculptures, vêtements liturgiques... L'institution est alors bâtie sur une vision esthétisante des collections : la composante médico-technique s'intégrera dès les années 1960, faisant évoluer le musée qui s'ouvre au domaine scientifique.

Aujourd'hui, 12.000 œuvres et objets, représentatifs de la vie hospitalière du Moyen Âge à nos jours, composent les collections.

Depuis 1998, le musée dispose du label des musées classés et contrôlés (actuellement Musée de France).

En 2012, l'hôtel de Miramion est vendu et le musée ferme ses portes au public. Toutefois le musée et ses missions demeurent : les collections restent accessibles aux chercheurs et des actions hors les murs se développent, telles les expositions itinérantes.

Transfert des collections

Le projet de transfert des réserves, alors localisées dans l'hôtel de Miramion menacées par le risque d’inondation, commence en 2010. Les réserves sont relocalisées dans un espace aménagé à cette fin dans un des hôpitaux de l’AP-HP. En 6 semaines, et grâce à la prestation de la société Leclerc, toutes les œuvres qui se trouvaient en réserves à Miramion sont amenées vers le nouvel espace de réserves.

A l’heure actuelle, cette opération a eu incontestablement des effets positifs :

  • - une réorganisation des réserves permettant un accès facilité aux collections. Les réserves sont actuellement visitables sous condition.
  • - la mise en place de matériels de qualité, permettant de stocker en hauteur les œuvres, pour un meilleur gain d’espaces. Les œuvres sont entreposées sur palettes, ce qui permet de les déplacer plus facilement.

Par contre, d’autres points posent problème :

  • - lors de l’installation des réserves, les pitons de soutien des racks ont été trop rapprochés du mur, ce qui ne permet plus, à l’heure actuelle, de moduler les supports.
  • - la nouvelle localisation des objets n’a pas toujours été notée dans la base de données (Armadillo) et donc de nombreux objets résultent toujours localisés à Miramion.
  • -l’accès des réserves n’est pas optimal car seuls des véhicules de 1m90 maximum peuvent emprunter la rampe. Cela a imposé un transfert de chargement à l'entrée du site entre les camions et des véhicules plus petits pour atteindre la réserve.

Nouvelles réserves

Ces dernières sont organisées par typologie d'objets.

Mobilier

Les meubles proviennent en grande partie des bureaux des anciens directeurs d'hôpitaux, d'autres sont d'anciennes vitrines d'intérêt muséographique.

A l’heure actuelle, les collections de mobilier se composent de 90% inaliénables (collection AP), tandis que le statut des 10% restants doit encore être déterminé. L’hypothèse retenue est celle d’une collection d’ameublement pouvant être mise à disposition pour des directions de l'institution.

Peintures

Les peintures inventoriées présentent le plus souvent soit un sujet religieux, soit un sujet médical. Certaines d'entre elles ont même été réalisées par des médecins.

Ces peintures sont rangées sur des étagères mobiles ou fixes selon leur format, et sont restées enveloppées dans du Melinex depuis leur transfert.

Des peintures de très grand format (décor mural d'un ancien hôpital) sont enroulées.

Fonds graphiques et photographiques

Outre des pastels conditionnés dans leur boîte employée lors du transfert et d'autres documents graphiques abrités dans des tiroirs de meubles à plans, une attention particulière a concerné les albums du neurologue Jean- Martin Charcot, médecin à la Salpêtrière. Ces albums réunissent 500 planches de dessins anatomiques et des photographies, témoignage du premier usage médical pour ce support.

Le papier constitutif de ces pièces étant devenu très fragile et cassant, un projet de numérisation est à l'étude pour répondre aux souhaits de consultation. Cette opération posera la problématique éthique de la communication des données médicales, si bien qu'une réflexion devra mûrir en concertation avec le service des Archives de l'hôpital : indexés par ailleurs, les noms devront être masqués lors de la numérisation.

Patrimoine technique et scientifique

Plusieurs appareils et instruments chirurgicaux ont été montrés au cours de cette visite, ce qui permet d'engager une réflexion quant à un éventuel déclassement des instruments doublons (pour un passage en collection d'étude) ou d'aborder la question des restaurations et du degré acceptable des interventions (l’objectif n'étant pas de révéler un objet clinquant, mais d’en respecter l’aspect et son usage d’origine).

Il a également été possible d'observer des préparations anatomiques sèches ou en fluide, parmi lesquelles un écorché de l’école de chirurgie de Paris.

Inventaire et récolement

Le premier récolement n'a pas été achevé. En 2014, le musée a également changé de base de données, passant de MicroMusée à Armadillo, base non homologuée encore par le ministère de la Culture. Un très gros travail de localisation des collections et de pointage de l’inventaire reste à faire. Il sera réalisé dans le cadre du deuxième récolement.

Chantier des collections pédagogique par l’Institut national du patrimoine

L'Institut national du patrimoine (Inp) a organisé pendant une semaine de juin 2017 un chantier des collections pédagogiques pour initier ses élèves conservateurs et restaurateurs, ainsi que les élèves régisseurs de l'Ecole du Louvre, à cette pratique.

Ainsi, 11 élèves issus de ces 3 corps de métier ont été réunis et encadrés par Jocelyn Périllat- Mercerot (responsable de la régie des œuvres à l'Inp) pour apprendre à organiser une chaîne opératoire, en comprendre les écueils, apprécier la méthodologie du constat d'état, se confronter au récolement et au dépoussiérage des œuvres, ou encore pour s'entraîner au conditionnement de pièces patrimoniales, en prenant soin d'optimiser les volumes tout en employant des matériaux de conservation adaptés.

Trois chaînes opératoires avaient été préalablement retenues par l'équipe du musée et J. Périllat, à la fois pour leur intérêt pédagogique et leur utilité pour l'institution.

Instruments de chirurgie oculaire

Cette chaîne a permis de réfléchir à une amélioration du stockage des nombreux instruments qui s'entrechoquaient lors de l'ouverture du tiroir. Il fallait également éviter de prendre plus de volume du fait du calage et, par souci de cohérence typologique, il n’était pas possible de dissocier les instruments en les plaçant dans un autre tiroir.

Le parti pris soumis par J. Périllat et les élèves a été de percer le fond de plastzote et d’y fixer des liens en Tyvek pour immobiliser chaque pièce, et d'insérer si besoin des chutes de papier permanent entre les pièces qui se touchent pour éviter leur abrasion.

De même, des fentes dans la plastzote ont été réalisées pour y ficher les étiquettes bijoutier et en assurer ainsi une meilleure lisibilité.

Moulages anatomiques en plâtres de membres déformés d'enfant

Cette chaîne a eu pour objectif de reconditionner les moulages revenus de restauration peu de temps avant, juste enveloppés dans du film bulles et superposés les uns sur les autres dans une caisse trop petite pour l'ensemble.

Le volume de conditionnement a été ici revu à la hausse puisque d'autres caisses ont été utilisées pour permettre un reconditionnement adapté à la conservation, à la consultation, à la manipulation et à d'éventuels futurs transferts.

Des plateaux de mousse polyéthylène ont été réalisés et aménagés par des calages de mousse recouverts de Tyvek (des piliers de mousse permettant la superposition des plateaux afin d'optimiser la hauteur interne de la caisse, le plateau supérieur devant accueillir les pièces les plus légères).

Un soin a également été apporté aux étiquettes d'origine en parchemin identifiant la nature de chaque pièce, car celles-ci, rigides et tuilées, présentaient des transferts de plâtre dus à leur contact. Des pochettes individuelles en papier permanent ont été conçues, selon un gabarit établi par les élèves pour gagner du temps au moment de leur fabrication.

Biberons

Cette chaîne a eu pour but de redéployer dans les armoires de stockage les biberons encore contenus dans 10 caisses de transport depuis leur transfert vers les réserves.

Un travail de réflexion préalable a été demandé aux élèves afin de déterminer le mode de conditionnement le plus stable pour ces pièces fragiles, tout en optimisant l'espace et en permettant une extraction rapide et sécurisée des pièces.

Les biberons ont été donc conditionnés couchés et en quinconce sur des plateaux en mousse. Les dimensions de ces plateaux ont été déterminées à la fois par la nécessité de pouvoir mettre côte à côte 2 plateaux sur une même tablette (avec un espacement suffisant pour glisser les mains pour la préhension), et par la possibilité de pouvoir insérer chaque plateau dans un bac norme Europe de 60x40cm en vue d'une extraction en urgence.

Projet de la réouverture du musée

En attendant la réouverture du musée, celui-ci poursuit une politique dynamique de valorisation de ses collections par le maintien de prêts ou par la mise en ligne de ses fonds.

Des partenariats et des échanges scientifiques s'établissent par ailleurs avec d'autres musées consacrés à la thématique de la médecine : musée d'art et de sciences de l'Institut Pasteur, musée d'art et d'histoire de l'hôpital Sainte-Anne, musée d'histoire de la médecine de l'université Paris Descartes, musée François Tillequin...

Rédacteur : Jocelyn Périllat-Mercerot pour le Conseil d’administration de l’AFROA

Crédits photographiques : Jocelyn Périllat-Mercerot / AFROA

 

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