ÉVÉNEMENTS

Les États Généraux de la Régie, du 16 au 18 novembre 2016 à Strasbourg !

L’AFROA organise cette année les premiers états généraux de la régie en France, du 16 au 18 novembre 2016 à Strasbourg !

Cet événement national et inédit en France verra se rassembler jusqu’à 140 professionnels et étudiants dans le domaine de la Régie des œuvres autour de différentes thématiques concernant les métiers de la régie, la formation des régisseurs et les mutations de la profession. Moment privilégié de concertation et d'échanges, ces états généraux se tiendront au Musée d’Art Moderne et Contemporain de Strasbourg.

Ne manquez pas cette occasion exceptionnelle de rencontrer divers professionnels de la régie, de la conservation, de l’enseignement, de la diffusion ou encore de la production des œuvres !

Programme et modalités d’inscription / Liste des participants (.pdf)

NB : Les réservations sont closes.

LES VISITES PROPOSÉES AUX ADHÉRENTS

L’AFROA propose à ses adhérents des invitations permettant à certains de nos collègues de présenter un projet auquel ils ont participé.

Il peut par exemple s’agir de visites d’expositions, ou de lieux dont les accès sont habituellement restreints. C’est l’occasion de nous retrouver, d’échanger et souvent de se connaître.

La double condition pour participer à ces événements est d’être adhérent pour l’année en cours et de s’inscrire par mail individuel auprès de la personne concernée. Les adhérents sont prévenus par mail des visites organisées, et reçoivent par la suite les informations complémentaires si ils s’inscrivent.

DERNIÈREMENT

VISITE DU CENTRE NATIONAL DES ARTS PLASTIQUES
LE 14 OCTOBRE 2016

Préambule

Le vendredi 14 octobre 2016, dans le cadre des visites « De régisseur à régisseurs » organisées par l'AFROA, et en collaboration avec Mme Christelle Demoussis, Chef du service de la régie du CNAP, nous avons eu la chance de visiter le Centre national des arts plastiques situé à la Défense.

Le groupe, composé d'une dizaine de personnes, a ainsi découvert l'ensemble des coulisses du CNAP : la salle de commission d'acquisition, la réserve in-situ, le garage, la zone de transit, le studio de photographie, l'atelier d’encadrement et l'atelier de restauration. L'objectif de la visite était de mieux connaître les missions du CNAP et plus particulièrement l’organisation du service de la régie des œuvres au sein de l’institution.

Au nom de l'ensemble des participants et de l'AFROA, nous remercions Christelle Demoussis pour son accueil et pour cette visite guidée forte instructive.

De l’ancienne collection du Roi au CNAP

Héritier de l’ancienne surintendance Royale crée en 1791 pour poursuivre le travail de soutien aux artistes vivants, cette collection d’État devient dès 1791 « Commission d'achat des beaux-arts ». A l’époque, les œuvres achetées ne sont pas stockées mais déposées directement dans les institutions sur tout le territoire français (mairies, préfectures, administrations d’État, musées…). En 1976, l'institution change d’appellation et prend le nom de fonds national d'art contemporain.

En 1982, le Centre national des arts plastiques est créé. Il va englober le FNAC à partir de 2003. Situé dans un premier temps au Palais de Tokyo dans les années 1980, le FNAC déménage à La Défense. Le nouveau bâtiment, qui regroupe 4500 m² d'espaces de travail et de réserves, est inauguré en 1991.

L’intégration du FNAC dans le Centre national des arts plastiques se fait par décret en 2003 est c’est l’occasion de recentrer les missions du Cnap autour de deux axes fondamentaux : l'enrichissement et la valorisation du patrimoine artistique contemporain et le soutien aux artistes plasticiens et plus généralement aux professionnels du secteur de l'art contemporain.

En tant que gestionnaire des œuvres du FNAC, le CNAP doit enrichir et conserver ce fonds par l'inventaire, le récolement, le stockage, la documentation et la restauration, tout en assurant la diffusion des œuvres par une politique dynamique de prêts et de dépôts. Sans lieu de présentation d’oeuvres, il organise des expositions en coproduction avec d'autres structures en France et à l'étranger (à l'instar de l'exposition « Collector » au Tripostal à Lille en 2011).

Aujourd’hui, la collection est composée d'environ 96 000 œuvres et est enrichie de près de 600 œuvres par an.

Organisation

Dans l’organigramme, le service de la régie fait partie du pôle collection, qui intègre entre autres missions, le récolement (Commission de récolement des dépôts d’œuvres d’art CRDOA) et les projets de restauration.

L’organigramme du service de la régie se divise en deux entités, sous la responsabilité du chef de service : d’un côté « les prêts et dépôts » qui regroupe la responsable des prêts et dépôt adjointe au chef de service, deux chargées de suivi des prêts et une chargée de suivi des dépôts ; et de l’autre coté, « les réserves » qui, sous la responsabilité du régisseur général, comprend la réserve de la Défense (avec un coordonnateur du transport, deux encadreurs et quatre installateurs) et la réserve externe ( avec un gestionnaire de réserves externes et un installateur).

La régie des œuvres collabore avec le pôle création en se chargeant de la présentation physique des œuvres lors des commissions d’acquisitions.

Au total, ce sont environ 75 personnes qui travaillent au CNAP.

Les réserves

Les 2/3 de la collection étant en dépôt, les 35 000 œuvres restantes sont conservées dans deux sites de réserves : de 2500 m² à la Défense et de 10 000 m² située en banlieue parisienne.

Le site de la Défense est également constitué d’un atelier de restauration, d’un atelier d’encadrement et d’un studio photographie. L’espace est divisé par typologies de volumes d’oeuvres et une partie est mutualisée avec le service de documentation/archives. L’entrée se fait par un garage de plein pied limité aux véhicules de moins de 3,50 m, suivi d’un sas entre le garage, une des réserves et l’espace de transit.

Depuis 2011, la réserve externe a été transférée dans un plus grand espace. Ce bâtiment industriel de 10 000 m² comporte un certain nombre de contraintes dont des règles strictes d’exploitation. Il est situé à 1h30 de transport à partir de Paris avec un gardien présent en permanence. Cet imposant espace, de 10 m de hauteur sous plafond, a été subdivisé virtuellement en plusieurs espaces notamment par un marquage au sol et du mobilier adapté à chaque type d’objet : compactus grillagés et sécurisés (petits et moyens objets), cantilever, rack mi-lourd, rayonnage (grands formats) et racks lourds. Un sas d’accès plein pied a été aménagé pour permettre de décharger un camion bâché directement sur le côté pour les grandes œuvres.

Toutefois l’espace prévu pour l’accroissement des collections est déjà presque arrivé à saturation. D’autre part, même si le bâtiment peut être chauffé par aérothermes gaz, aucun système de refroidissement ou de régulation hygrométrique n’ont pu être mis en place.

L’année 2015 en chiffres…

En 2015, 288 dossiers de prêts ont été traités en comité soit 2068 œuvres, parmi lesquelles 1271 œuvres sont parties en prêts (le design, la photographie, le dessin, la peinture, les installations et les œuvres multimédias étant les typologies d’œuvres les plus prêtées).

Concernant les dépôts, 77 dossiers de dépôts ont été traités en comité, ce qui représente 508 œuvres. 449 œuvres sont parties en dépôts, tandis que 583 œuvres sont revenues de dépôts (les estampes, la peinture, le dessin, les installations et la sculpture étant les typologies d’œuvres les plus déposées).

Un déménagement imminent…

Le CNAP dispose actuellement d’un bâtiment appartenant à l’établissement public de la Défense sous bail gratuit jusqu’en 2018. Une bonne partie des services de l’établissement sont logés dans une tour toute proche sous un bail classique. En parallèle, le premier bail de la réserve externe prend fin en 2020.

Ainsi, un projet de recherche d’un nouveau lieu est en cours de détermination avec la contrainte de 45 minutes de transport depuis le centre de Paris, ce projet s’axe selon deux hypothèses, soit un rassemblement de tous les sites et personnels en un seul lieu (réserves et bureaux) ou sur deux emprises en dissociant les réserves du reste de l’établissement.

VISITE DE L’INSTITUT NATIONAL DU PATRIMOINE (INP), À AUBERVILLIERS
LE 16 SEPTEMBRE 2016

Préambule

Le 16 septembre 2016, veille des Journées européennes du Patrimoine, l’AFROA a proposé à ses adhérents de bénéficier d’une visite au Département des restaurateurs de l’Institut national du patrimoine (Inp), à Aubervilliers. 9 hôtes ont ainsi été accueillis par Jocelyn Périllat-Mercerot, responsable de la régie des œuvres de l’Inp.

L’histoire du département des restaurateurs de l’Inp et de la manufacture des allumettes

Jocelyn Périllat a tout d’abord présenté l’histoire du département, depuis sa création en 1978 sous le nom d’IFROA jusqu’à la création de l’Inp en 2001, établissement d’enseignement supérieur du Ministère de la Culture composé de 2 départements, celui formant les conservateurs et celui formant les restaurateurs présenté ce jour. Chaque année, un concours sélectionne entre 15et 20 nouveaux élèves, toutes spécialités confondues : ces élèves sont formés pendant 5 ans en vue d’être diplômés et de pouvoir travailler pour les collections publiques et privées en France (une salle dédiée au concours d’entrée a été mise en place à l’occasion des Journées européennes du patrimoine pour exposer les différentes épreuves du concours notamment les copies d’œuvres réalisées par les candidats).

Ensuite, les déménagements successifs du département ont été évoqués afin d’aborder l’histoire du nouveau site d’implantation, une ancienne manufacture d’allumettes datant de 1904 et réhabilitée en juin 2014 par son propriétaire la société Sirius pour accueillir depuis janvier 2015 le département des restaurateurs.

Les pôles d’étude et de recherche à l’Inp

Mme Catherine Hily, bibliothécaire adjointe, a présenté au groupe la bibliothèque de l’Inp, espace de consultation et de recherche qui assure, en France et en Europe, le rôle de bibliothèque de référence dans le domaine de la conservation et de la restauration du patrimoine (http://www.inp.fr/Ressources-documentaires/Bibliotheque).

La visite s’est poursuivie dans le laboratoire. Sigrid Mirabaud, responsable du laboratoire et ingénieur de recherche, et Anne Genachte-Lebail, ingénieure d’étude, ont expliqué le rôle du laboratoire de l’Inp et ont montré et les différentes méthodes d’analyse des oeuvres et l’équipement associé (microscopes, infrarouge, MFX, chromatographie en phase gazeuse couplée à la spectrométrie de masse…).

L’Inp dispose également d’un service dit de « Formation permanente », proposant des stages de formation de 1 à 5 jours adaptés aux besoins des professionnels du patrimoine. En fonction des problématiques ou techniques abordées, les stages ont lieu à Paris (département des conservateurs), à Aubervilliers (département des restaurateurs), à Marseille (Institut Méditerranéen des Métiers du Patrimoine (I2MP) en collaboration avec le MuCEM) ou en région. Il propose également des formations sur mesure en fonction des besoins spécifiques des établissements ou organismes publics et privés.

Consultez le Programme de la Formation permanente

La régie des œuvres de l’Inp

Alors qu’un stand a été installé à l’occasion des journées du patrimoine pour expliquer au public le métier de régisseur des œuvres, le pôle de régie des œuvres demeure fermé au public mais a été montré par Jocelyn Périllat aux adhérents de l’Afroa.

Ce pôle de 110m² se compose d’une zone de déchargement des œuvres, d’une réserve (60m²) et d’une salle de quarantaine (25m²). Cette dernière permet d’isoler les œuvres infestées dans de petites enceintes en film complexe synthétique, mais elle permet également d’accueillir les poches d’anoxie réalisées en interne, selon les procédés statique ou dynamique puisque la régie dispose d’un générateur d’azote afin de mener des opérations d’anoxie dynamique en interne.

Ce pôle de régie contribue à la gestion des œuvres prêtées pour restauration à l’Inp, sur les plans logistiques et conservatoires (400 œuvres environ présentes en continu, avec en moyenne 20 œuvres rentrantes et 20 œuvres sortantes par mois).

Les ateliers de restauration de l’Inp

Dans les ateliers de restauration, les élèves de l’Inp ont pu partager leur passion avec les adhérents de l’Afroa, au travers des œuvres qu’ils restaurent dans le cadre de leurs 5 années de formation, biens patrimoniaux qui ont été confiés à l’Inp par différentes collections publiques (musées, bibliothèques, monuments historiques, églises, mairies…).

Les participants de l’Afroa ont ainsi pu découvrir les ateliers Peinture, Textile, Sculpture et Arts graphiques (faute de temps, les ateliers Arts du feu, Mobilier, Livres et Photographie n’ont pas pu être visités). Au cours de leur déambulation, les participants ont été attentifs aux explications des élèves de l’Inp qui ont décrit leur formation, répartie entre cours théoriques, cours pratiques et 9 mois de stages en France et à l’étranger.

Ainsi, outre des cours d’histoire de l’art, de sciences ou encore de langues, l’école dispense aux élèves des enseignements relatifs à la déontologie de la restauration (réversibilité des interventions, emploi de matériaux de restauration neutres, traitement non-illusionniste, documentation des traitements appliqués), aux pratiques de la conservation préventive et curative, aux procédés de restauration (et de dé-restauration), à la méthodologie du constat d’état, aux techniques anciennes de fabrication…

L’Afroa tient à remercier l’ensemble de l’équipe de l’Inp, les responsables des ateliers et les étudiants qui ont su partager leur passion, leur regard sur les objets et leur approche méthodologique.

VISITE DU MUSÉE NATIONAL DE LA MARINE
LE 17 JUIN

Préambule

C’est dans ses réserves délocalisées en Seine-Saint-Denis que le Musée national de la Marine, représenté par Guillaume Julien, régisseur, et Nidia Navarro-Potel, restauratrice de mobilier, a bien voulu participer aux visites « de restaurateurs à régisseurs » organisées par l’AFROA. Ainsi, 10 participants on pu profiter de cette rencontre le 17/06/2016, parmi lesquels 6 régisseurs adhérents de l’AFROA et 4 restauratrices, invitées par l’association.

Cette visite a eu pour objectif de montrer les réserves délocalisées du musée, nouvellement rénovées et réaménagées, tout en soulignant l’active collaboration entre les régisseurs et les restaurateurs du musée pour réfléchir ces travaux en amont et pour coordonner les transferts des collections depuis les anciennes réserves de Romainville ou du musée vers ce nouveau site.

L’AFROA tient à montrer sa profonde reconnaissance à Nidia Navarro-Potel et à Guillaume Julien pour avoir su témoigner de leur expérience, pour avoir présenté les nouveaux locaux réhabilités récemment et pour nous avoir cédé de leur précieux temps dans ce contexte de déménagement très chronophage.

Le projet de nouvelles réserves délocalisées

Dans les années 2010, le Ministère de la Défense lance le projet de construction du « Pentagone français » à Balard et met en vente différents sites qu’il occupait, parmi lesquels le fort de Romainville, ancienne caserne aménagée en réserves pour accueillir une partie des collections du Musée national de la Marine dès 2000 (et rassemblant beaucoup d’objets venant des musées de régions, soit environ 13 000 objets, 6 000 plans et 180 mètres linéaires de périodiques). Le Musée de la Marine obtient alors un hangar désaffecté en Seine-Saint-Denis, construit en 1995 sur une base appartenant au Ministère de la Défense.

En 2010-2011, un architecte programmiste a été mandaté pour définir les besoins des équipes en espaces et mobiliers, un second architecte ayant été retenu pour l’aménagement des volumes une fois la programmation établie. Le cabinet d’architectes Hugues Fontenas soumet le concept « de la boîte dans la boîte », en préservant les vastes volumes du hangar et en y intégrant des cellules individuelles qui correspondent aux différentes typologies d’objets et qui permettent une meilleure gestion des conditions de conservation.

Le bâtiment est rénové et réaménagé pendant 1 an et demi, dès 2014, pour permettre aux 7000m² de surface de recevoir et de centraliser les collections provenant des différentes réserves du musée et localisées sur plusieurs sites en France : Paris (Palais de Chaillot), Brest, Lorient, Rochefort et Toulon.

Les espaces rénovés

Ce nouveau pôle de réserves constitue le Centre de Conservation et restauration du Musée national de la Marine, baptisé ainsi en raison des différentes fonctions qu’il abrite, illustrées par les nombreuses salles le composant.

Sur les deux niveaux qu’il comporte, le hangar est occupé par de nombreuses cellules de réserve pour le stockage des collections, répondant à un classement typologique (réserve des peintures, réserves des objets en 3D sur grille…).

Le site dispose également de plusieurs espaces successifs pour le traitement des collections, organisés selon la chaîne opératoire d’un chantier des collections, permettant d’engager des interventions conservatoires sur les œuvres au moment de leur arrivée dans le bâtiment et avant leur stockage dans les cellules de réserve. Nous découvrons ainsi, juste après une porte d’entrée menant sur le quai de déchargement et jouxtant le bureau de la régie, une vaste zone de transit dans laquelle sont stockées temporairement les œuvres nouvellement arrivées et qui distribue une salle de dépoussiérage et une salle de quarantaine. Se suivent ensuite un volumineux studio de prise de vues photographiques et l’atelier de restauration.

Ce dernier, grand et lumineux, est en cours d’aménagement (attente de sorbonnes), mais il dispose déjà des structures de sécurité adaptées à la nature des travaux menés (essentiellement des actions de conservation préventive comme le dépoussiérage ou curatives comme la stabilisation ou le collage, mais pas forcément des interventions de restauration) : armoires à solvants, extracteurs de solvants mobiles, tables et chariots élévateurs, sol en résine souple pour absorber les vibrations et pouvant résister aux solvants…

Enfin, ce Centre de Conservation et restauration met à disposition des chercheurs une salle d’étude qui permettra la consultation de la documentation et l’observation des œuvres.

Les nouveaux aménagements

Les équipes de la régie des œuvres et de la restauration ont été consultées lors de la programmation architecturale et ont pu ainsi émettre leur avis quant aux plans d’aménagement : des modifications ont alors été apportées pour améliorer la circulation des œuvres (meilleure répartition des structures de stockage afin d’élargir les allées et de faciliter les manipulations) ou pour contribuer à de meilleures conditions d’étude et de traitement (emplacement des points d’eau ou des prises électriques).

Afin de gagner de la surface de stockage et de mettre les collections à l’abri de la poussière et de la lumière, le musée a choisi d’équiper chaque cellule de réserve de compactus (fabricant Bruynzeel). Les compactus sélectionnés sont électriques, de sorte à assurer une ouverture en douceur des épis, en limitant les vibrations. Ceux-ci sont pourvus de détecteurs de présence pour éviter que les épis ne se referment sur le personnel stationnant dans les allées, et sont dotés d’un débrayage manuel afin de permettre l’ouverture de la structure en cas de défaillance électrique.

La gestion des conditions environnementales a été également au centre des réflexions lors de la conception du programme. Un brassage d’air est maintenu dans chaque cellule pour maintenir les collections « hors poussière » : la poussière concentrée alors sur le sol et au niveau des sorties peut ensuite être évacuée par un ménage régulier. Ce brassage est couplé à un système de régulation climatique, contrôlé par une centrale de traitement d’air « CTA » et géré par une gestion technique de bâtiment « GTB » (enregistrement et report direct des données collectées). Une pièce dispose d’ailleurs de conditions climatiques adaptées aux collections qu’elle abritera à termes : il s’agit d’une chambre froide dédiée à la conservation des négatifs photographiques du musée. Un contrat de maintenance assure la veille technique de l’ensemble du système.

Le déménagement des collections

Le transfert des collections vers ces nouveaux espaces a débuté en février 2016 : les réserves délocalisées de Romainville, comptant 18 000 pièces, sont les premières à être vidées.

Cette importante opération est menée de front par les régisseurs, les restaurateurs et les conservateurs du musée, en plus de leurs tâches quotidiennes, au rythme de 2 à 3 transferts par semaine. Ainsi, une organisation des équipes a été mise en place pour assurer l’efficacité et le suivi des mouvements : tant que possible, un régisseur, un restaurateur et un conservateur se chargent de gérer le départ des œuvres (pointage, encadrement de l’emballage et du transport réalisés par la société de transport d’œuvres Crown et convoiement), tandis qu’un autre binôme de même composition réceptionne les œuvres (supervision du déballage et du stockage, tout en veillant à la charge pondérale des objets qui a pu parfois gêner la fermeture des structures).

Les caisses ainsi transportées sont ensuite stockées temporairement au rez-de-chaussée du nouveau site, dans certains recoins des voies de circulation, avant d’être ouvertes pour traiter et redéployer les collections dans les cellules thématiques. Les collections intègrent les compactus, posées sur des tablettes réglées en hauteur en fonction des dimensions des œuvres. Un adressage est réalisé en interne, même si celui-ci est parfois mis à mal par le rythme soutenu imposé par les arrivages.

Malgré l’anticipation de l’accroissement des collections, les équipes craignent une tendance à la saturation des espaces de réserve à la fin des transferts.

Les projets et la suite des chantiers du musée

En août 2016, un vaste espace, actuellement laissé vide, accueillera des bateaux et des embarcations pouvant être légères ou longues (jusqu’à 20m). En prévision de la création de nouvelles cellules de réserves, une réflexion a été menée en amont pour permettre l’extension éventuelle des circuits des fluides afin de distribuer ces potentielles cellules.

Investir de nouveaux espaces implique toujours un temps d’adaptation et de rodage des équipements, nécessaire pour se familiariser avec un nouveau mode de fonctionnement, mais aussi pour solutionner des problèmes d’ordre technique (vérifier l’étanchéité du bâtiment suite à des fuites d’eau, composer avec la présence de trappes de désenfumage mises en réseau).

Ces travaux de rénovation et d’installation, perdurant encore, sont conduits en parallèle du réaménagement du site parisien du Palais de Chaillot qui révise également son parcours muséographique permanent.

VISITE DU MUSÉE DE L’ARMÉE
LE 13 MAI

Préambule

Le 13 mai 2016, le Musée de l’Armée a accepté d’accueillir un groupe de 12 adhérents de l’AFROA dans ses réserves délocalisées, situées à Versailles-Satory, dans le cadre des visites « De régisseur à régisseurs ». Cette visite fait suite à celle organisée le 18 mars 2016 et qui avait permis de découvrir les nouveaux espaces du Musée de l’Armée intitulés les « Cabinets insolites », sur le site des Invalides.

Cette rencontre a été possible grâce à la collaboration de Mme Laure-Alice Viguier, responsable de la régie des œuvres et des expositions, et de Mme Sophie Chauvois, adjointe à la régie des œuvres, qui ont toutes les deux piloté le groupe de régisseurs. Nous les remercions ici vivement pour cette organisation et pour la richesse de leurs commentaires tout au long de la visite.

Nous tenions également à remercier pour leur présence le reste de l’équipe de la régie du musée (régisseurs, emballeurs, installateurs ou techniciens de conservation rattachés au site des réserves) : Anthony Beltoise, Michel Fred et Mailis Nouailles. Enfin, nous avons pu aussi rencontrer à cette occasion deux vacataires engagées pour mener le chantier des collections de sculptures, et nous les remercions chaleureusement pour la présentation de leur travail : Claire Brière, conservatrice-restauratrice spécialisée en sculptures, et Florie, étudiante en Master « Métiers de l'art : documentation et régie des œuvres » à l’université de Toulouse.

Le projet des réserves délocalisées

En 1998, le Musée de l’Armée se lance dans un programme de modernisation baptisé ATHENA (Armes, Techniques, Histoire, Emblématiques, Nation, Armée) qui a pour objectif de rénover les salles d’exposition du musée pour permettre d’accueillir tout type de public versé ou non dans le domaine du militaria, mais également d’améliorer les conditions de conservation offertes aux collections dans les espaces de stockage.

Dans cette perspective, en 2002, il est décidé de déménager les réserves du musée situées dans des caves de l’Hôtel national des Invalides car celles-ci, inondables, sont menacées par la crue centennale de la Seine : le site de Satory, près de Versailles, a été choisi pour installées les nouvelles réserves, se déployant sur plus de 3 500 m².

Ces réserves délocalisées ne sont pas pour autant isolées du musée, une perméabilité fonctionnelle entre les deux sites étant nécessaire pour la mise en œuvre des différentes missions patrimoniales de l’institution. En effet, ces nouveaux espaces ont été certes conçus pour stocker les collections du musée (1/10e des collections étant exposées), mais aussi pour permettre la bonne gestion et l’étude des 300.000 à 350.000 objets qui y séjournent. Des mouvements internes s’organisent ainsi entre le musée et les réserves, soit pour assurer le transfert des pièces patrimoniales, soit pour permettre aux agents de circuler aisément entre les deux sites (les agents de la régie des œuvres du site des réserves pouvant être sollicité pour œuvrer dans le musée, notamment pour l’installation des collections dans les espaces d’exposition). Ces dispositions permettent aux responsables de collections d’accéder et d’étudier les pièces dans les réserves délocalisées (toute demande de consultation devant être émise 48 heures avant la venue afin de permettre à l’équipe de la régie des œuvres de préparer les pièces).

L’organisation des réserves

Le site abritant les bâtiments de réserves appartient au Ministère de la Défense et est partagé avec d’autres services ministériels.

Le bâtiment principal de réserves, premier affecté au Musée de l’Armée sur le site, est le centre névralgique des missions de conservation. Ce bâtiment présente :
- le poste technique central de sécurité, chargé de veiller à la sécurité et à la sûreté des réserves réparties sur plusieurs bâtiments au sein du site (gestion des accès, de la télésurveillance et du système informatique) ;
- 2 niveaux de salles de réserves, organisées par typologie d’objets (peintures, cadres, sculptures, objets du quotidien sur le front, costumes, accessoires…) ;
- des espaces de travail pour l’étude des collections ou le stockage du matériel de conservation ;
- d’un espace de transit dans lequel est stocké le matériel de conservation et qui sert de zone d’emballage / déballage des œuvres revenues ou devant être transférées entre le site des réserves et le musée (œuvres à étudier, à exposer, à photographier pour catalogage, à scoler ou mannequiner, à restaurer…) ;
- les bureaux ;
- les espaces de repos.

D’autres bâtiments sur le site, occupés au fils des années selon la saturation des réserves et la possibilité d’expansion des espaces dévolus au musée, abritent également des collections : réserve des armes portatives, réserve des pièces d’artillerie, réserve des instruments et des jouets.

Chaque espace de réserve dispose, outre des étagères ou des compactus, d’axes de circulation dégagés, d’une zone d’étude (parfois munie d’un poste informatique) et d’une zone de stockage du petit matériel pour l’étude.

La politique de conservation préventive dans les réserves

Mise à part la réserve des instruments de musique et des jouets qui dispose d’une centrale de traitement d’air avec diffusion par gaines en textile micro-perforé, les autres bâtiments de réserve sont chauffés à l’aide de radiateurs (thermostat géré par le pôle technique central) et sont dépourvus de système de régulation en hygrométrie (système passif). Les capteurs climatiques révèlent des conditions climatiques plutôt sèches mais stables.

Des pièges lumineux à insectes (à lumière verte anti-UV) ont été placés dans chaque zone abritant des collections. Aucun contrat de maintenance n’a été mis en place par le musée avec le fournisseur : l’équipe de la régie se charge de la surveillance de ces pièges, de l’identification des éventuels insectes qui y sont collés et de leur entretien (une fois par an, la plaque de colle est enlevée). En cas d’infestation, le site des réserves possède d’une salle de quarantaine dans laquelle peuvent être réalisées des poches d’anoxie statique.

Les travaux d’étanchéité sur les ouvrants qui avaient été menés contribuent à la stabilité climatique et à la limitation du risque d’infestation. Ils ont également permis de réduire l’empoussièrement des collections, au même titre que les rideaux de polyane accrochés en façade des étagères de stockage.

L’aménagement des réserves

La réserve des peintures et des cadres

Un chantier des collections a été mené pendant un an et demi pour améliorer les conditions de conservation de l’ensemble des peintures et des cadres (récolement, prises de vue, dépoussiérage, constat d’état et reconditionnement). L’équipe, composée d’un agent du musée (technicienne de conservation), de 2 vacataires en charge du récolement et d’une restauratrice spécialisée en peintures, a traité environ 1.200 peintures.

Les peintures sont stockées dans des casiers métalliques dans lesquels elles sont calées, soit par un système de râtelier de mousse (peintures encadrées), soit dans des portfolios en polypropylène cannelé (peintures sans cadre). D’autres peintures encadrées sont stockés sur des grilles en compactus.

Les peintures de grand format ont été enroulées sur tubes, désormais placés sur des berceaux pour répartir au mieux le poids de la peinture et éviter ainsi les tensions.

Les réserves de textile : costumes, accessoires et drapeaux

Jusqu’alors, les costumes étaient conditionnés dans des boîtes de conservation en polypropylène, mais par souci de gain de place et de visibilité, le musée a souhaité initier une campagne de reconditionnement des costumes : la partie haute des uniformes est désormais suspendue sur des cintres rembourrés en compactus et la partie basse des costumes est posée à plat sur étagère fixe (4 bas de costumes superposés par tablette). Quant à eux, les chapeaux sont rembourrés d’une contre-forme de soutien en mousse et sont ensuite placés sur des étagères. Cette campagne de reconditionnement sera suivie par un chantier de récolement des costumes.

Les drapeaux sont protégés de la lumière et de la poussière dans des meubles à plans : ils sont déposés dans des tiroirs dont le fond est une membrane transparente permettant la visibilité des 2 faces de chaque drapeau. Les hampes associées aux drapeaux sont placées non loin, allongées sur des râteliers de mousse conçus en interne.

Les réserves d’artillerie et des armes portatives

D’anciennes écuries ont réhabilités en 2009 afin d’accueillir les collections d’artillerie (550 pièces récolées) : le sol en terre battue a ainsi été nivelé et une dalle a été coulée pour permettre de supporter le poids des pièces et de faciliter leur circulation dans l’espace (circulation rendue aisée par de larges et grandes portes menant sur l’extérieur et par la présence de gerbeurs électriques). Les salles successives sont chauffées pour maintenir hors gel les espaces et les collections abritées.

Des réserves annexes garantissent le bon stockage des 4.700 armes portatives : les armes de poing sont localisées sur des étagères tandis que les armes blanches et les armes d’épaule se trouvent sur des râteliers. Ces armes se répartissent en plusieurs catégories, parmi lesquelles les armes de catégorie D regroupant les armes devenues inoffensives, soit parce qu’elles sont antérieures à 1900 soit parce qu’elles ont été neutralisées par la Sécurité civile de Saint-Etienne. Les armes patrimoniales dangereuses non-neutralisées, de catégorie A, sont stockées sur un autre site, en zone militaire sensible à l’accès réglementé.

Le chantier des collections de sculptures

Le chantier des collections, débuté en avril 2016, s’est imposé au musée comme une nécessité : environ 500 pièces de formats divers ont été entreposées dans une réserve devenue trop petite et saturée, ceci sans véritable organisation typologique.

Devant durer 10 mois, ce chantier est mené conjointement par quatre personnes : une technicienne de conservation salariée du musée, une chargée de récolement vacataire, une étudiante en régie des œuvres dans le cadre de son stage, et une conservatrice-restauratrice spécialisée en sculpture, vacataire. Cette équipe a constitué une chaîne opératoire de différentes actions.

Prélèvement

A l’aide de chariots, les pièces à traiter sont acheminées depuis la réserve d’origine jusqu’à l’espace de travail. Cette étape de la chaîne opératoire n’est pas sans risque puisque tout mouvement induit un risque de chocs ou de casse.

Récolement

L’étape du récolement est réalisée sur la base d’inventaire numérique du musée Micromusée® et veille à la validité des renseignements qui y sont inscrits (ou au complément des données manquantes) telles que l’identification, la détermination de la nature des matériaux et des techniques de fabrication, la prise de mesures et la prise de vues numériques (4 à 6 faces par objet, ainsi que les altérations principales).

Constat d’état

Le constat d’état sanitaire se révèle être succinct, mais recense les altérations principales. Il permet également d’émettre des préconisations pour la manipulation. L’équipe du chantier a défini un code coloré, découlant de ce qui a pu être observé et qui permet d’assurer un suivi de l’état de conservation des collections ou d’être vigilant lors de la manipulation : selon la couleur de la gommette apposée sur l’étiquette bijoutier de l’objet, il est possible de savoir si l’objet présente des altérations structurelles (rouge), de surface (jaune) ou des fragilités nécessitant une manipulation délicate (bleue).

Opérations conservatoires

Chaque objet est dépoussiéré méticuleusement (selon différentes méthodes selon l’état de surface) et marqué directement par la restauratrice (vernis Paraloïd et encre de Chine). Si besoin, la restauratrice peut être amenée à réaliser de petites interventions de conservation-restauration. Après séchage du marquage, l’objet peut être apporté directement dans l’espace de stockage définitif.

Stockage définitif

Le nouvel espace de réserve est aménagé au fil de l’eau, en fonction de l’avancée du chantier, en installant les étagères de l’ancienne réserve démontées au-fur-et-à-mesure. Les sculptures sont alors directement placées sur les étagères recouvertes de mousse (un conditionnement adapté peut être réalisé en cas d’instabilité de la pièce), classées par volume et poids (grands plâtres et bronzes en partie basse, petits plâtres en haut). A la fin du chantier, un rideau de polyane protégera chaque étagère de l’empoussièrement.

Premiers bilans et adaptations

Du fait du déséquilibre temporel entre les différentes étapes de la chaîne opératoire (dépoussiérage rapide comparé au récolement), celle-ci pouvait être ralentie, se traduisant par un engorgement des sculptures à certaines étapes de la chaîne. Pour favoriser la fluidité des opérations, l’ordre de la chaîne n’est pas toujours respecté et il a donc fallu à l’équipe de s’adapter tout en évitant d’oublier une étape. L’équipe a ainsi créé une fiche navette de suivi pour chaque objet au fil des étapes de la chaîne opératoire, avec un système de cases à cocher manuscritement pour que les différents protagonistes de la chaîne sachent à quelle phase de traitement se situe l’objet. La chargée de récolement numérise ensuite les informations manuscrites apparaissant sur la fiche navette qui aura été remplie par les autres membres de l’équipe.

Après un mois de travail, 92 sculptures de petit format sont passées par les différentes étapes de la chaîne de traitement.

VISITE DES ENTREPÔTS DE LA SOCIÉTÉ ANDRÉ CHENUE SA
LE 22 AVRIL

Préambule

Dans le but de mieux appréhender le domaine du transport d'œuvres, l'AFROA a souhaité organiser une visite « de régisseur à régisseurs » dans les entrepôts de la société André Chenue SA, entreprise spécialisée dans les prestations de services logistiques relatifs aux mouvements des œuvres d'art, et créée en 1760 pour « emballer soigneusement la layette (contenant une liste importante de linge pour la mère, l’enfant, le corps et le berceau), puis toute la lingerie royale [et, par la suite, pour] fabriquer toutes les caisses, malles et boîtes destinées au transport ou au rangement des vêtements des monarques.

Cette visite s'est tenue le 22 avril 2016 : 10 adhérents de l'AFROA ont ainsi pu découvrir le site et les opérations qui s'y déroulent, grâce à la collaboration de Jean-Pierre Royer, directeur Développement, et d'Anne Séjourné, responsable de la coordination et de la gestion des collections.

L'AFROA les remercie très vivement pour le chaleureux accueil qu'ils ont bien voulu réserver aux adhérents et pour le temps qu'ils nous ont consenti.

La société est composée de trois départements :
Département « Marchands » : Dédié aux transactions commerciales des marchands, galeries, antiquaires, particuliers, commissaires-priseurs, etc… L’organisation de l’emballage et du transport s’accompagnent des formalités administratives « Culture » mais aussi douanières (si besoin est).
Département « Expositions » : Logistique des prêts d’institutions à l’export ou d’arrivées d’œuvres à l’import pour les expositions organisées à Paris ou en province.
Département « Conservation/Garde-meubles » : Gestion d’espaces loués par des institutions ou des privés, sur notre site de La Plaine Saint Denis ou à 75018-Paris.

Ces trois départements sont réunis à La Plaine Saint Denis : le site exploré ce jour compte trois bâtiments sécurisés 24/24heures et 7/7jours par 3 gardiens et de très nombreuses caméras-dômes : le premier bâtiment dit « d'exploitation » abrite les bureaux administratifs, le second est dédié au confort des personnels (vestiaires, cuisine et réfectoire, salle de repos) et le troisième, dévolu à l’atelier d’emballage et à la conservation, a reçu le groupe de l'AFROA.

Quai de livraison

Ce dernier bâtiment est flanqué d'un quai de déchargement sur tout son long, permettant aux camions de la société, ou d'autres transporteurs, de stationner dans la cour (notamment la nuit pour les confrères étrangers) ou de livrer les caisses contenant les œuvres dans des espaces dédiés à chaque véhicule et climatisés, comme tout l’entrepôt.

Les camions de la société André Chenue SA sont banalisés (par souci de discrétion), géolocalisés, équipés de système d’alarme et de serrures renforcées. Chaque véhicule est aménagé afin d'assurer la bonne conservation des collections pendant le transport : intérieur capitonné pour amortir les chocs, sol en résine pour permettre aux caisses de mieux glisser, climatisation pour éviter les variations thermohygrométriques, suspensions pneumatiques et hayon élévateur pour limiter les vibrations.

Zone « sous-douane » et « caisses sécurisées »

La société André Chenue SA est commissionnaire en douane, respectant les législations douanière et fiscale. Répondant à ces différents critères, la société a obtenu le statut d'opérateur économique agréé (OEA), permettant de simplifier et d’accélérer les procédures douanières. Le groupe a pu apercevoir au travers des grilles la zone sous-douane, où sont entreposées les caisses en attente de dédouanement, puis livraison. L'accès y étant réglementé, les adhérents n'ont pas pu pénétrer cet espace.

De même, une zone « réservée » est attribuée au stockage des caisses dites « sécurisées », en attente de livraison à l’aéroport, selon les obligations légales dans le cadre de la lutte antiterroriste. André Chenue SA est donc « Agent habilité » (agrément accordé ou pas par le ministère des Transports), c’est-à-dire qu’elle est autorisée à effectuer des emballages et des remises en compagnie aérienne sans contrôle à l’aéroport puisque tous les contrôles auront été effectués en amont. Toutes les sociétés d’emballage et de transport d’objets d’art ne sont pas agréées « Agent habilité ».

Atelier d'emballage

Notamment pour des raisons de santé publique (poussière de bois), la fabrication des caisses (découpe du bois, montage et traitement contre les infestations) est externalisée, réalisée en dehors du site. En revanche, l'aménagement intérieur des caisses est conçu et réalisé à l'atelier d'emballage.

Différentes formes et une grande variété d'aménagements ont pu être présentés aux adhérents de l'AFROA, toutes les caisses étant tapissées d'un pare-vapeur (marque Valsem) et munies d'un joint d'étanchéité entre le couvercle et le corps :
- caisse standard (garnie de mousse polyuréthane d'épaisseur variable et de mousse Aglocel qui, plus dense, permet de supporter les parties lourdes d'une pièce ou d'un cadre mouluré),
- caisse isotherme (disposant en plus d'une couche de polystyrène extrudé de 5cm d'épaisseur pour isolant),
- caisse super-isotherme (dotée de 2 couches de polystyrène extrudé de 5cm d'épaisseur séparées par un vide d'air d'1cm),
- caisse à glissières (pour le transport à la verticale des œuvres en 2 dimensions encadrées),
- caisse à cuvettes (différents étages au sein d'une même caisse pour un transport à l'horizontal des œuvres tout en optimisant la profondeur),
- caisse écrin (mousse épousant précisément la forme de l'œuvre)
- ou encore cadre MRT et/ou cadre de voyage.
A cette conception est couplé le choix judicieux des matériaux de contact tels que le Tyvek ou le Melinex.

Ainsi, l'aménagement intérieur d'une caisse peut varier d’une heure à un jour, voire davantage !!! Ces caisses doivent répondre aux besoins du client tout en étant adaptées à son budget. Il est en effet nécessaire d'optimiser les volumes afin de réduire à la fois le coût de fabrication de la caisse et le coût relatif au fret aérien (le prix d'un transport aérien étant calculé selon les critères du « poids/ volume » de l’expédition).

Zone d'anoxie

Le groupe a ensuite été accueilli par Axelle Abelin dans l'espace réservé aux traitements par anoxie dynamique, interventions que propose la société depuis 2010 pour les œuvres infestées afin d'inscrire son activité dans une chaîne globale d'opérations culturelles.

Cette zone regroupe trois cellules d'anoxie de différents volumes (de 12 à 77m3). Celles-ci reçoivent de l'azote pouvant être humidifié en amont pour garantir des conditions climatiques stables à l'intérieur de l'enceinte (45-55% d'HR) et sont chauffées afin d'assurer la bonne efficacité du traitement (entre 23 et 26°C).

Après 21 jours de traitement, les œuvres ne sont plus infestées comme peuvent en témoigner des échantillons d'insectes-test : elles peuvent être restituées au client qui recevra alors un rapport d'intervention.

La prestation (228 à 252 euros TTC par m3) comprend ainsi le traitement, 1 heure de manutention par l'équipe de la société pour le chargement et déchargement (30 euros TTC par 30 minutes supplémentaires), et un magasinage de 4 jours (2 jours en quarantaine avant le cycle et 2 jours après traitement, puis 8 à 9,60 euros TTC par m3 et par semaine supplémentaires). Pendant la quarantaine et le traitement, une police d'assurance « responsabilité civile professionnelle » est contractée par la société ; l'assurance « Ad Valorem » peut être souscrite en supplément.

Zones de stockage

Enfin, Jean-Pierre Royer et Anne Séjourné ont présenté les zones de stockage, réparties sur 5 étages de 4.000m² chacun et louées par différents musées, des galeries ou des collectionneurs particuliers.

Chaque étage est agencé de la façon suivante : un palier qui distribue un salon de présentation réservé aux collectionneurs souhaitant observer des œuvres et qui permet d'accéder, après validation par un système de badge, aux cases privatisées renferment les collections patrimoniales.

Les cloisons de ces cases sont modulables, rendant possible l'extension des surfaces de stockage en fonction des besoins des clients. Ces cloisons sont grillagées en partie haute pour faciliter l'homogénéisation et la circulation de l'air tout en permettant la traversée des gaines « chaussettes » en textile micro-perforé dont le rôle est de diffuser de manière régulière un air préalablement conditionné à la température et humidité relative désirés.

Un contrat pour le stockage lie la société André Chenue SA avec chacun de ses clients : il peut s'agir soit d'un contrat dit de « mise à disposition » pour lequel la société ne connaît pas le détail des œuvres stockées (pas de droit de regard, posant la question délicate du stockage de marchandises toxiques, explosives ou illégales) ou d'un contrat de « dépôt » pour lequel une liste de colisage accompagne les œuvres.

En complément de ce contrat, la société propose à ses clients d'assurer les œuvres présentes sur le site (assurance en séjour), par l'intermédiaire d'un courtier en assurance spécialisé pour les œuvres d'art.

Projets et développement des prestations

Soucieuse de compléter son offre, la société étudie la possibilité de soumettre à ses clients (notamment les collectionneurs privés) une prestation de convoiement des œuvres, faisant émerger les questions relatives à la responsabilité juridique et professionnelle d'externaliser le convoiement pour les institutions publiques.

Depuis 3 ans, la société répond également aux marchés publics de récolement et de chantier des collections, faisant alors appel à des régisseurs indépendants ou des restaurateurs diplômés pour renforcer ponctuellement ses rangs.

Ainsi, la société a pu collaborer avec différentes institutions telles que le musée des Beaux-arts de Valenciennes, le musée national des arts asiatiques Guimet, le musée Carnavalet, le musée de la Poste ou encore le Mucem.

VISITE DU MUSÉE DE L’ARMÉE, SITE DES INVALIDES
LE 11 MARS

Dans le cadre des visites « de régisseur à régisseurs », l’AFROA a organisé le 11/03/2016 une rencontre avec Laure-Alice Viguier, responsable du service de la régie des œuvres, au Musée de l’Armée, sur le site des Invalides.

Cette matinée de visite a permis à 15 adhérents de l’AFROA de découvrir les nouveaux espaces d’exposition inaugurés en décembre 2015, baptisés « les cabinets insolites », salles introductives au parcours muséographique situées au premier étage de l’aile orientale de la cour d’honneur.

Préambule à la visite

Dans la cour d’honneur, Laure-Alice Viguier a mentionner les difficultés de travailler dans un site aux bâtiments classés Monuments Historiques (notamment lors d’opérations de travaux nécessitant la sensibilisation des entreprises quant à la préservation du bâti) et surtout partagés entre 43 institutions, parmi lesquels les autorités militaires, l’hôpital militaire, les communautés religieuses ou encore le musée des Plans et reliefs (complexité en terme de planification des travaux et des transferts d’œuvres).

Ainsi, Laure-Alice Viguier a la charge de gérer une dizaine d’agents (régisseurs, vacataires pour les chantiers des collections, techniciens de conservation pour les soclages, installateurs), répartis en 3 pôles qui interagissent : pôle des expositions temporaires, pôle des collections et réserves de Versailles-Satory.

Aux origines des nouvelles salles d’exposition

En 1996, le Musée de l’Armée lance le projet ATHENA, reposant sur la rénovation des bâtiments et des salles d’exposition afin de procéder à la mutation de l’établissement en un musée d’histoire et non plus de musée de collectionneur. Ce projet a pour perspective d’accueillir tout type de public, versé ou non dans le domaine du militaria, en proposant un nouveau discours qui repose sur des pièces rigoureusement sélectionnées.

L’arrivée en 2011 d’un conservateur général du patrimoine, David Guillet, directeur adjoint du musée de l'armée, a contribué à la mise en place d’une politique scientifique muséale réfléchie. Ainsi, la réalisation des « cabinets insolites » correspond à la dernière phase du projet ATHENA. Les trois salles qui composent ces cabinets ont pour objectif d’introduire le parcours muséographique de manière ludique et thématique, en s’affranchissant de l’organisation chronologique proposée par les autres salles de l’exposition permanente.

La salle des modèles réduits de pièces d’artillerie

La salle consacrée aux collections d’artillerie miniatures souligne les différentes fonctions de ces pièces : objets de prestige, cadeaux diplomatiques ou prototypes illustrant les innovations technico-militaires du XVIe au XIXe siècle.

Trois vitrines ont été conçues pour magnifier ces pièces, œuvres du cabinet de scénographie Maffre Architectural Workshop (MAW) dirigé par l’architecte DPLG Philippe Maffre, sous la maîtrise d’ouvrage directe du musée. Afin de rompre avec l’aspect rectiligne imposé par les piliers porteurs de la salle, les vitrines adoptent des formes à pan coupé. Alors que la vitrine centrale est pourvue d’un système d’ouverture aisée par vérins, il est plus difficile d’ouvrir les deux vitrines latérales dont les lourds verres doivent être déposés à l’aide de ventouse pour accéder à l’intérieur de la vitrine.

Les pièces métalliques, restaurées et soclées en interne, bien souvent pondéreuses, ont pu ensuite être installées dans la vitrine grâce à la prestation de la société LP Art. Les espaces pouvant être exigus et les piliers porteurs limitant les accès dans la vitrine centrale, la mise en place des œuvres a pu être réalisée par le glissement sur des couvertures jusqu’à leur emplacement final, ces œuvres reposant désormais sur une interface de Mylar®.

Ces vitrines se révèlent être assez étanches climatiquement, ne nécessitant pas une régulation thermo-hygrométrique supplémentaire à celle permise par la centrale de traitement d’air gérant l’ensemble du bâtiment. Les conditions climatiques souvent sèches s’avèrent adaptées aux collections métalliques en présence (environ 40 % d’HR).

La salle des figurines

Le Musée de l’Armée abrite une des plus grandes collections mondiales de figurines à sujet militaire : 5.000 des 150.000 figurines conservées in situ sont exposées dans cette nouvelle salle. Un chantier des collections de 16 mois, réalisé par un technicien de conservation en interne, a permis le conditionnement des figurines sur plateaux de mousse et en boîtes de conservation, organisées par bataillons et régiments. Cette opération a ainsi facilité la sélection de figurines à présenter au public (leur bon état de conservation n’ayant pas nécessité de restauration) et leur installation (en 2 semaines pour un montage de la salle en 3 mois).

Les figurines en papier, dites « de carte », sont mises en valeur dans la vitrine couvrant le mur du fond de la salle. Une réflexion quant à l’exposition de ces pièces, instables car légères et sensibles à la lumière, a été nécessaire. La vitrine est ainsi faiblement éclairée (40 lux) et dispose de vitres à vérins pneumatiques pour rendre son ouverture aisée, une rotation des collections étant prévue tous les 6 mois. Ce dispositif d’ouverture en douceur a été également conçu pour éviter aux figurines légères de basculer : leur socle en bois n’étant pas d’origine, un double-face de maintien a été positionné sous le socle en contact avec la tablette.

Les figurines dites « de plat d’étain » et celle en plomb sont présentées dans les vitrines latérales, s’ouvrant quant à elles par un système de ventouse et éclairées par un système de spots intégrés. Ces figurines métalliques fines sont sensibles aux variations de température, devenant plus souples et donc instables : pour éviter qu’elles ne basculent dans la vitrine, elles sont également maintenues sur leur socle de plexiglas par un point de double-face peu adhérant.

La vitrine centrale, qualifiée « d’actualité », a été conçue pour favoriser les rotations de figurines : cloche de verre montée sur vérins pour se lever et glisser en douceur, plateaux d’exposition amovibles et superposables pour assurer le caractère modulable de la présentation.

La salle de la musique militaire

Rompant avec la clarté des autres salles de ces « cabinets insolites », la salle dédiée à la musique militaire est très sombre, à la fois pour conserver les collections sensibles à la lumière (instruments de la Révolution à la IIIe République, costumes ou peintures) et pour valoriser celles-ci puisque le public peut choisir, via les bornes multimédia interactives, un instrument à mettre en lumière et en son.

Parmi ces collections, trente pièces ont été déposées parle Musée de la Musique. Une riche collaboration s’est dès lors établie entre les deux institutions afin de garantir de bonnes conditions de conservation, reposant sur la concertation avec les équipes de conservation et de restauration, aussi bien pour le système de soclage, pour les traitements de conservation-restauration pré-exposition (stabilisation de la corrosion, décrassage), que pour le système de régulation climatique (installation d’un humidificateur mobile à alimentation manuelle, dans l’attente d’une étude fine du climat après une année d’exploitation pour percevoir les variations saisonnières).

Le contrôle du climat est rendu d’autant plus complexe que la salle est toujours ouverte sur l’escalier distribuant les différents niveaux du bâtiment, dont le rez-de-chaussée avec sa porte menant sur l’extérieur. Le système Hanwell a été adopté pour assurer le suivi thermo-hygrométrique, avec des capteurs envoyant les données collectées par ondes jusqu’à l’ordinateur de la régie (parc d’une soixantaine de capteurs).

Le montage et l’installation des pièces a été rendue particulièrement complexe par une conjonction de plusieurs facteurs : une fenêtre temporelle serrée de deux semaines pour permettre au Musée de la Musique d’assister aux opérations, l’exigüité des vitrines ne permettant pas à plus de trois personnes (un conservateur, un socleur et un installateur) d’être présents simultanément, l’accès difficile limité par le budget à une porte vitrée à chaque extrémité (la rotation des pièces étant prévue une fois chaque année) et la nature fragile de la peinture laquée du mobilier muséographique nécessitant l’emploi de couvertures et de sur-chaussures lors du travail à l’intérieur de la vitrine.

Remerciements

Cette visite très riche et passionnante a pu avoir lieu grâce à l’investissement de Laure-Alice Viguier, tant dans son organisation que par son intervention. L’AFROA la remercie donc très chaleureusement pour sa participation et pour le temps qu’elle a su nous consacré.

VISITE DU MAC VAL - MUSÉE D’ART CONTEMPORAIN DU VAL-DE-MARNE
LE 27 NOVEMBRE

Préambule

Le vendredi 27 novembre, l’AFROA a permis à 19 participants, 13 régisseurs adhérents et 6 restaurateurs, d’expérimenter un nouveau concept de visite baptisé « Visite de restaurateur à régisseurs ». Ces visites consistent en l’accueil d’un groupe par le régisseur d’une institution patrimoniale accompagné du restaurateur intervenu sur un objet de la collection afin d’expliquer le contexte et les étapes du traitement de cet objet.

Cette première visite s’est déroulée au MAC VAL - Musée d’Art Contemporain du Val-de-Marne où nous étions reçus par Ingrid Jurzak, chargée de l'étude et de la gestion de la collection, Anne-Laure Saint-Clair, chargée de l’étude et du développement de la collection, et Jonathan Faustin-Girault, spécialiste en automatisation de l’art contemporain et industriel. Ces derniers ont exposé le fruit de leurs réflexions autour de la restauration de l’œuvre Les Grands fumeurs d’Alain Séchas.

L’AFROA tient à les remercier très chaleureusement pour leur accueil et leurs interventions respectives

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Rappel historique

Le musée, ouvert en 2005, est flanqué d’un jardin qui fut inauguré le 1er juillet 2007. Au début de l’année 2007, alors que la loi interdisant de fumer dans les lieux publics entre en vigueur, le musée commande à Alain Séchas une œuvre d’extérieur qu’il intitulera Les grands fumeurs et qui sera installée la même année dans le jardin, assemblée sur place par l’électromécanicien Didier Varin.

Description de l’œuvre

Cette acquisition consiste en la projection en 3D d’un dessin représentant deux chats anthropomorphiques tenant chacun une cigarette. Ces deux chats, présentés séparément dans le jardin, sont constitués par une structure en aluminium recouverte de peinture époxy blanche et noire réalisée au pochoir.

La structure, reposant sur un socle légèrement incliné pour éviter la stagnation des eaux pluviales, est équipée d’un bras articulé et motorisé et de composants électroniques permettant, à certains moments de la journée, le mouvement du bras éloignant ou rapprochant la cigarette comme le rougeoiement de la cigarette.

Cette œuvre est également munie de machines qui produisent de la fumée et doivent ainsi être alimentées régulièrement par un liquide à base de glycérine (à raison de 5 litres par semaine et par chat).

Problèmes techniques

Même si les moteurs sont conçus pour fonctionner une dizaine d’années, l’œuvre présente une certaine fragilité. Les composants électroniques étant par exemple sensibles aux basses températures, l’œuvre doit être protégée en période hivernale (de décembre à la fin mars).

Dès 2007, sont à noter des dégradations causées soit par accident (une lame de tondeuse ayant endommagé une des bases peintes) soit par les conditions climatiques (charnières métalliques qui s’oxydent, dégradation des couvercles des boîtes métalliques devant protéger les machines à fumée des intempéries).

En outre, dès 2009, la peinture noire commence à se décoller, bientôt suivie par la peinture blanche qui cloque au niveau des bouches du fait de l’émission de fumée (chaleur et projection du liquide).

Enfin, les pannes régulières des automates et des corps de chauffe des machines à fumée obligent à des interventions de plus en plus fréquentes qui amènent l’équipe de conservation à envisager une restauration globale de l’œuvre.

Premiers traitements et leurs limites

En décembre 2010, un bilan associant l’artiste, son technicien Didier Varin, et le restaurateur en charge de la maintenance de l’œuvre depuis 2008, est organisé par l’équipe de conservation. Des choix de restauration sont alors avancés :

  • - Reprendre intégralement la peinture blanche qui a jauni et cloque au niveau de la bouche et la peinture noire dont les lignes de cerne se décollent : l’entreprise ayant initialement peint l’œuvre ayant déposé son bilan, une société de Caen spécialisée dans la peinture des coques de bateau est sollicitée début 2011.
  • - Remplacer les boîtiers de protection des machines à fumée et des automatismes qui ne sont pas étanches, ainsi que les corps de chauffe et les tuyaux qui se sont dégradés ou qui ne sont pas adaptés.

Malgré ces interventions, la période 2011-2103 est encore marquée par des pannes répétées : les dysfonctionnements perdurent, le système électromécanique semble inadapté. Le renouvellement du marché de conservation préventive, alors en préparation, semble être l’occasion d’intégrer la compétence électromécanique au groupement de restaurateurs recherché.

Marché de conservation préventive

Le marché de conservation préventive (« évaluation et maintenance des œuvres de la collection ») est pluriannuel (sur 4 ans) et concerne toutes les œuvres de la collection (à l’exception des œuvres strictement audiovisuelles). Il compte 44 demi-journées d’intervention confiées à un groupement de restaurateurs dont fait partie Jonathan Faustin-Girault en tant que spécialiste de l’automatisation des œuvres électromécaniques. La nécessaire maintenance des Grands fumeurs lui est donc confiée.

En 2014, son diagnostic conclut à l’indispensable reprise de l’automatisation de l’œuvre et au changement du type de machines à fumée. L’intervention est estimée à 26 journées de travail (interventions, recherche et fourniture des machines incluses). Excédant les possibilités du marché, il est décidé de recourir aux prestations de Jonathan Faustin-Girault sous la forme d’une « restauration » indépendante.

Diagnostic

Après avoir fait un diagnostic complet de l’état de l’œuvre, les deux chats ont été déposés dans l’atelier de restauration (corps, bras articulés, machines à fumée, boîtiers de protection).

Jonathan Faustin-Girault préconise de remplacer le système électromécanique :

  • - Système électronique peu compatible avec une présentation en extérieur (le transformateur électronique du boîtier disjoncte tous les 3 ou 4 mois) ;
  • - Liquide de la machine à fumer tachant la peinture ;
  • - Dégradation de la pompe du liquide à fumée (l’absence de contrôle de niveau du liquide la faisant fonctionner à vide) ;
  • - Mauvaise étanchéité des joints (de fortes pressions ayant entraîné l’apparition de fuite d’huile) ;
  • - Câblages inadaptés (les tuyaux rigides coudés en place empêchant une expulsion optimale de la fumée et entraînant un retour de la fumée dans le mécanisme).

Pistes de réflexion abandonnées

Face à ces multiples difficultés, plusieurs solutions ont été envisagées pour protéger le système électronique, mais elles ont été abandonnées :

  • - Déporter le système électronique et les boîtiers à fumée vers l’intérieur du musée aurait nécessité des moyens trop onéreux,
  • - Enterrer le dispositif aurait empêché un examen visuel du bon fonctionnement électronique de l’œuvre (des voyants lumineux témoignant des phases de préchauffage du système) et aurait nécessité l’intégration d’un dispositif de ventilation du système,
  • - Ou encore placer une résistance de chauffage dans les boîtiers aurait entraîné des problèmes de condensation.

Interventions

L’objectif de cette restauration était de retrouver le fonctionnement de la machine, le simplifier et remettre la sculpture en plein-air.

Jonathan Faustin-Girault a donc prospecté sur le marché européen et dans tous les domaines (notamment militaire) pour trouver des éléments de substitution plus robustes et adaptés à l’exposition en extérieur (-20° C à 80° C, jusqu’à 100 % d’humidité relative).

Une machine à fumée allemande a été achetée, l’absence de composant électronique et sa petite taille permettant de réduire la sensibilité du système aux aléas climatiques et d’intégrer le boîtier préexistant.

Un flexible de robinetterie, adapté aux hautes températures et au filetage existant, a également été acquis et installé. Il permet l’amélioration de l’étanchéité des joints et évite le retour du liquide à fumée au sein de la machine.

Ces choix d’intervention ont été validés par le MAC/VAL, en concertation avec l’artiste.

Bilan de la restauration

Cette œuvre a ainsi pu retrouver sa place dans le jardin du musée et connaître une période de tests assez longue mais concluante.

La documentation technique de l’œuvre est en train de se constituer rétrospectivement afin de pallier l’absence de notices techniques des entreprises ayant fourni le matériel initial ou celui de substitution lors des réparations.

La restauration a également engagé une réflexion générale sur les futurs contrats d’acquisition qui incluront une partie relative aux problématiques de gestion de la maintenance (notamment pour les œuvres électromagnétiques, avec la remise des outils nécessaires à la mise en fonction) et imposeront, dans le cas des commandes, une captation vidéo de la production et une interview de l’artiste.

Cette restauration a donc redonné une certaine autonomie au musée vis-à-vis de cette œuvre dont le fonctionnement est désormais beaucoup plus stable.

VISITE DU MUSÉE D’ART ET D’HISTOIRE DU JUDAÏSME, À PARIS
LE 23 OCTOBRE 2015

Quinze adhérents de l’AFROA ont pu assister le 23 octobre 2015 à une visite du Musée d’art et d’histoire du judaïsme (MAHJ), dirigée par Pascal Concordia.

Le MAHJ a ouvert ses portes en 1998 dans l’hôtel particulier de Saint-Aignan, bâti au XVIIe siècle et classé Monument historique. Cette structure associative est indépendante de Paris-Musées et est rattachée à deux tutelles engagées à parité pour les fonds d’investissement et de fonctionnement : la Ville de Paris et le Ministère de la Culture.

L’EXPOSITION TEMPORAIRE « MOÏSE – FIGURES D’UN PROPHÈTE »

Outre une collection permanente riche de 500 objets couvrant toutes les périodes de l’antiquité à l’art contemporain, le groupe a pu découvrir l’exposition « Moïse – Figures d’un prophète » qui met en valeur le prophète le plus fréquemment représenté dans l’iconographie biblique, au travers de 150 œuvres (peintures, dessins, manuscrits enluminés, objets d’art). Cette exposition a pour enjeux de souligner la diversité des représentations du prophète dans la culture occidentale, dans laquelle Moïse s’érige comme la préfiguration du Christ ou comme l’archétype du libérateur et du résistant.

Cette exposition de 4 mois a nécessité 2 ans de préparation (demandes de prêt à une quarantaine d’institutions françaises, allemandes, britanniques ou encore israéliennes) et 2 semaines de montage.

LA GESTION SCIENTIFIQUE ET LOGISTIQUE DES ŒUVRES

L’équipe de conservation compte une dizaine d’agents, dont un unique régisseur devant gérer les expositions (logistique, assurance, installation) et les collections (nouvelles acquisitions, récolement, restauration). Dans ses tâches, Pascal Concordia est assisté par une restauratrice de textiles salariée à temps partiel et par un encadreur-socleur interne en charge de l’atelier de menuiserie et de ferronnerie présent in situ.

Chaque année, l’équipe de conservation mène de front trois grandes expositions, quelques expositions dossiers et une exposition itinérante.

De même, l’équipe doit étudier une trentaine de dossiers d’acquisition et une vingtaine de demandes de prêt par an.

Dans le cadre de prêts et d’emprunts, le musée a recours ou impose son assureur, Hiscox, qui soumet une prime à hauteur de 1/1000 (1€ de prime pour 1000€ de capital à protéger).

Dans le cas d’emprunts d’œuvres à forte valeur d’assurance impliquant des primes prohibitives, le musée peut demander une dispense d’assurance auprès des musées nationaux prêteurs (le Musée du Louvre ou le Musée national Marc Chagall de Nice pour l’exposition Moïse), sauf pendant le transport.

Concernant les transports, le musée sollicite LpArt : le statut associatif du musée permet une certaine souplesse avec les marchés publics, ne nécessitant pas d’appel d’offre pour de faibles sommes (jusqu’à 2 000 €). Lors de livraisons au musée, une procédure stricte doit être suivie car l’étroitesse de la rue et l’absence de zone de déchargement rendent difficiles ces opérations : une fois que le service de sécurité est prévenu par un système de fiches (remises la veille dernier délai), ce service contacte la préfecture de Police pour bloquer la rue ou faire ouvrir, très exceptionnellement, le jardin Anne Frank qui jouxte le musée (dont l’accès est habituellement interdit).

LA CONSERVATION PRÉVENTIVE

Au cours de ses 2 rondes quotidiennes menées dans les différents espaces d’exposition, Pascal Concordia vérifie les bonnes conditions de conservation fournies aux collections, s’assurant à ce qu’aucune altération ne survienne.

En ce qui concerne la veille climatique, le musée dispose de nombreux capteurs thermohygrométriques Hanwell, en vitrine ou en salle, relevant les données toutes les 15 minutes et versant celles-ci directement vers l’ordinateur de la régie par ondes transmises via les antennes relais. Ces capteurs permettent ainsi de garantir le suivi du bon fonctionnement des huit centrales de traitement d’air du site, en complément de la maintenance gérée par la société SECMA.

Dans le cas d’expositions temporaires, des vitrines à caisson climatique peuvent être mises en place pour des œuvres sensibles, comme pour la « Chute de la Manne » de l’église Saint-Genest de Flavigny-sur-Ozerain en Bourgogne, peinture sur bois du XVIe siècle acclimatée à 65-70 % d’humidité relative.

Des lux et UV-mètres fournis également par la société Hanwell permettent la mesure de l’éclairement dans les salles et vitrines, garantissant que les œuvres sensibles à la lumière ne pâtissent pas de mauvaises conditions d’exposition.

Des mesures conservatoires sont prises dans ce sens : éclairage réduit à 50 lux dans certaines zones, présence de filtres anti-UV aux fenêtres, verrière zénithale bâchée, rotation régulière des textiles ou pages tournées tous les 2 ou 3 mois pour les ouvrages exposés.

La gestion des polluants à l’intérieur des vitrines (poussière, acidité) s’avère complexe car celles-ci ont été conçues en bois dès l’origine du musée.

Une campagne de nettoyage de l’intérieur des vitrines est menée chaque année, en septembre, pendant 5 semaines tous les matins par l’équipe du musée.

Lors des expositions temporaires, un temps d’aération des vitrines fraîchement repeintes est imposé de façon à permettre l’évacuation des polluants et de l’humidité. Un Mylar ou un carton neutre est ajouté entre le fond de la vitrine repeint et l’oeuvre.

Un plan de sauvegarde des œuvres (PSO) a été établi par l’équipe de conservation, comprenant une liste des œuvres à protéger en priorité en cas d’incendie (localisées par des pastilles colorées sur un plan accessible par les pompiers au PC sécurité) et imposant deux exercices incendie annuels.

Le site se situant en limite de zones inondables et disposant de réserves sous-terraines (étanches), le musée s’inscrit également dans le PPRI : un exercice annuel est organisé pour se préparer au risque d’inondation, avec une pratique de repérage et de manipulation des œuvres.

Yohan Baracassa, responsable de la sécurité, s’est présenté au groupe pour aborder les thèmes de la sûreté et de la sécurité au sein du site, notamment à la suite des attentats survenus au musée juif de Bruxelles en mai 2014 et à Paris en janvier 2015.

Depuis l’ouverture du musée, le plan Vigipirate n’a pas cessé d’être enclenché : les attentats n’ont donc pas modifié l’organisation du musée, les dispositifs mis en place depuis 1998 étant déjà très satisfaisants. Quelques changements peuvent toutefois être notés afin de s’adapter au mieux aux actes terroristes : une présence policière en continu est assurée, le sas d’entrée a été renforcé et le système de vidéosurveillance a été amélioré.

Les équipes de surveillance du site (une équipe en interne pour contrôler les entrées et une équipe d’une société prestataire GORON pour surveiller les œuvres) travaillent conjointement avec les forces de l’ordre : un capitaine de Police vient ponctuellement, sur demande, vérifier le dispositif et la Police est informée des événements organisés par le musée (vernissage, venue d’un ambassadeur…).

Pour la sécurité du public, les salles du musée sont équipées de boucliers en fonte anti-déflagration sur les issues de secours (système similaire aux fenêtres). Pour la sûreté des œuvres, outre une vidéo-surveillance des salles et des vitrines dotées d’alarme, des mises à distance sont établies pour les œuvres hors des vitrines.

REMERCIEMENTS

L’AFROA tient à remercier très chaleureusement Pascal Concordia pour avoir pris le temps nécessaire afin d’expliquer l’organisation de la régie du musée et sa politique de conservation préventive, ainsi que pour avoir su présenter avec passion la nouvelle exposition temporaire consacrée à Moïse. Nous souhaitons aussi remercier son collègue Yohan Baracassa qui a pu se libérer pour s’entretenir avec les participants.

VISITE DE L’INSTITUT NATIONAL DU PATRIMOINE (INP), À AUBERVILLIERS
LE 18 SEPTEMBRE 2015

Le 18 septembre 2015, veille des Journées européennes du Patrimoine, l’AFROA a proposé à ses adhérents de bénéficier d’une visite des nouveaux locaux du Département des restaurateurs de l’Institut national du patrimoine (Inp), à Aubervilliers. 13 hôtes ont ainsi été accueillis pendant près de 4 heures par Jocelyn Périllat-Mercerot, responsable de la régie des oeuvres de l’Inp, afin de montrer les nouvelles installations du site.

J. Périllat a tout d’abord présenté l’organisation de la scolarité des élèves restaurateurs et l’histoire du département, depuis sa création en 1978 sous le nom d’IFROA jusqu’à la création de l’Inp en 2001, établissement d’enseignement supérieur du Ministère de la Culture composé de 2 départements, celui formant les conservateurs et celui formant les restaurateurs présenté ce jour.
Ensuite, les déménagements successifs du département ont été évoqués afin d’aborder l’histoire du nouveau site d’implantation, une ancienne manufacture d’allumettes datant de 1904 et réhabilitée en juin 2014 par son propriétaire la société Sirius pour accueillir depuis janvier 2015 le département des restaurateurs.

Suite à la présentation du concours d’entrée pour intégrer l’école (une salle dédiée a été mise en place à l’occasion des Journées européennes du patrimoine pour exposer les différentes épreuves du concours notamment les copies d’oeuvres réalisées par les candidats), Mesdemoiselles Maroussia Duranton et Anne Genachte-Lebail, assistantes ingénieurs, ont reçu le groupe au laboratoire de l’Inp afin de montrer et d’expliquer les différentes méthodes d’analyse des oeuvres et l’équipement associé (microscopes, infrarouge, MFX, chromatographie en phase gazeuse couplée à la spectrométrie de masse…).

La visite s’est poursuivie par les espaces de la régie des oeuvres (110 m²) : zone de déchargement des oeuvres, réserve (60 m²) et la salle de quarantaine (25 m²). Cette dernière permet d’isoler les oeuvres infestées dans de petites enceintes en film complexe synthétique, mais elle permet également d’accueillir les poches d’anoxie réalisées en interne, selon les procédés statique ou dynamique puisque la régie dispose depuis 1 an d’un générateur d’azote afin de mener des opérations d’anoxie en interne.
Ce pôle de régie contribue à la gestion des œuvres prêtées pour restauration à l’Inp, sur les plans logistiques et conservatoires (400 œuvres environ présentes en continu, avec en moyenne 20 arrivées et 20 départs d’œuvres par mois).

Dans les ateliers de restauration, les élèves de l’Inp ont pu partager leur passion avec les adhérents de l’Afroa, au travers des œuvres qu’ils restaurent dans le cadre de leurs 5 années de formation, biens patrimoniaux qui ont été confiés à l’Inp par différentes collections publiques (musées, bibliothèques, monuments historiques, églises, mairies…).

Les participants de l’Afroa ont ainsi pu découvrir les ateliers Arts du feu (Métal et Céramique), Mobilier, Sculpture, Textile et Peinture. Au cours de leur déambulation, les participants ont été attentifs aux explications des élèves de l’Inp qui ont décrit leur formation, répartie entre cours théoriques, cours pratiques et 9 mois de stages en France et à l’étranger.

Ainsi, outre des cours d’histoire de l’art, de sciences ou encore de langues, l’école dispense aux élèves des enseignements relatifs à la déontologie de la restauration (réversibilité des interventions, emploi de matériaux de restauration neutres, traitement non-illusionniste, documentation des traitements appliqués), aux pratiques de la conservation préventive et curative, aux procédés de restauration (et de dé-restauration), à la méthodologie du constat d’état, aux techniques anciennes de fabrication…

Faute de temps, les ateliers Arts graphiques, Livres et Photographie n’ont pas pu être visités.

Afin d’être diplômés, les élèves consacrent leur mémoire de 5ème année à l’étude et à la restauration d’une œuvre (ou corpus d’œuvres) : les soutenances, publiques, se déroulent les deux premières semaines de septembre de chaque année dans l’amphithéâtre de l’Inha.

L’Afroa tient à remercier l’ensemble de l’équipe de l’Inp, les responsables des ateliers et les étudiants qui ont su partager leur passion, leur regard sur les objets et leur approche méthodologique.

VISITE D’UNE JOURNÉE AU HAVRE
LE 11 JUIN 2015

Le 11 juin 2015, l’AFROA a organisé une visite d’une journée au Havre à laquelle 11 adhérents ont eu la chance de participer. Les adhérents ont été chaleureusement accueillis dès la sortie du train par Pauline Berthelot, agent de récolement au Musée d’Art moderne André Malraux et membre du CA de l’AFROA, par Dorian Dallongeville, responsable des collections et des expositions de French Lines et vice-président de l’AFROA, ainsi que par Alexandre Bagnod, régisseur des collections de French Lines, qui ont généreusement animé cette sortie.

Les participants ont tout d’abord été conduits sur les quais du port du Havre, situés au centre-ville près de la Capitainerie, afin de visiter une exposition en plein air proposée par French Lines et la Ville du Havre. Cette exposition, consacrée à l’histoire de la Compagnie des Messageries Maritimes, est actuellement présentée sous forme de panneaux, avec textes et iconographie, positionnés sur des conteneurs habillés d’un bardage en bois. Cette présentation offre à French Lines une visibilité locale et un moyen de communiquer sur le patrimoine dont elle est l’héritière. Association reconnue d’intérêt général, French Lines gère depuis 1995 un patrimoine unique racontant plus de 150 ans d’histoire des grandes entreprises de la Marine marchande française notamment de la Compagnie Générale Transatlantique, de la Compagnie des Messageries Maritimes, de la CGM et de la SNCM. Au total, plus de 5 kilomètres linéaires d’archives historiques, près de 80 000 phototypes, 300 films et une vaste collection estimée à environ 32 000 objets comprenant des affiches, des maquettes, du mobilier, des textiles, des instruments techniques ou encore de la vaisselle issue de paquebots mythiques tels que France ou Normandie, sont conservés au Havre.

La visite s’est poursuivie au Musée d’Art moderne André Malraux. Guidés par Virginie Delcourt, attachée de conservation et responsable des collections, Michel Devarieux, régisseur d’œuvres et Pauline Berthelot, les participants ont eu l’opportunité de découvrir les espaces d’exposition ainsi que les réserves. Le MuMa possède deux espaces de réserves (pour un total de 725 m²) et une réserve dédiée aux sculptures. Les peintures et certains arts graphiques sont conservés sur grilles roulantes. Pour ces-derniers, la majorité est conservée à plat dans des meubles à plans.

Le premier Musée des Beaux-Arts du Havre édifié en 1845 par l’architecte Charles Fortuné Brunet-Debaines, fut détruit par les bombardements en septembre 1944. Seuls les peintures et les dessins transférés en lieu sûr pendant le conflit furent épargnés. Grâce aux efforts conjugués de Georges Salles, directeur des Musées de France, et de Reynold Arnould, conservateur des musées de la Ville, l’ambitieux projet d’un musée pilote dans un écrin moderne de verre, d’acier et d’aluminium implanté face à la mer, débuta en 1952.

Le nouveau musée est inauguré en 1961 par André Malraux, alors ministre d’État chargé des Affaires culturelles, comme le premier Musée-Maison de la Culture en France. Ancêtre des centres culturels actuels, il est pensé comme un lieu polyvalent présentant à la fois des expositions, des projections de films, une artothèque, des concerts, des conférences, des spectacles etc.

Cependant, devant la difficulté de maintenir cette polyvalence et pour des raisons de sécurité, la Maison de la Culture quitte le bâtiment en 1967 pour s’installer dans le Théâtre de l’Hôtel de Ville. Le Musée-Maison de la Culture redevient un musée.

Après une restructuration totale du bâtiment entre 1995 et 1999, le musée est rebaptisé Musée Malraux. À l’occasion de son cinquantième anniversaire, en 2011, le musée change à nouveau de nom pour devenir le Musée d’art moderne André Malraux, abrégé en « MuMa ».

Le MuMa possède une collection de plus de 3 800 pièces, composée principalement d’œuvres d’arts graphiques et de peintures mais aussi de sculptures en nombre plus réduit. Par ailleurs, de nouvelles acquisitions viennent ponctuellement compléter le fonds déjà constitué. Le musée eut également la chance d’accueillir plusieurs legs et dons importants : le don Louis Boudin (frère d’Eugène Boudin) en 1900, le legs de Charles-Auguste Marande en 1936 (comprenant des œuvres de Renoir, Monet, Pissarro, Marquet, Van Dongen entre autres), le legs de Madame Dufy (veuve de Raoul Dufy) en 1963, la donation d’Hélène Senn Foulds en 2004 et 2009 (dont des œuvres de Courbet, Delacroix, Corot, Degas, Sérusier, Vallotton, Bonnard, Vuillard, Derain, Matisse, de Staël ou Picasso) et plus récemment en 2014 la donation de Pierre-Maurice Mathey (petit-fils par alliance d’Olivier Senn). Un travail de récolement des collections est actuellement en cours ayant pour but de distinguer les collections historiques et les collections modernes ainsi que d’identifier les œuvres ayant été détruites pendant la guerre. 

Après une pause déjeuner sur la plage du Havre, aussi agréable qu’ensoleillée, les adhérents se sont rendus dans les locaux de l’Association French Lines.

Auparavant installée sur le port, dans un ancien bâtiment d’avitaillement de la Compagnie Générale Transatlantique (au sein de l’ancien complexe de la gare maritime), French Lines a déménagé à partir d’octobre 2014 dans ses locaux actuels, dont l’aménagement a été décidé et financé par la Municipalité du Havre. Ces locaux regroupent sur trois étages les bureaux administratifs, un centre de consultation, une bibliothèque, une boutique et, naturellement, les réserves où sont entreposés archives et objets. Le tout s’étend sur environ 2600 m², dont environ 2000 m² pour les seules réserves.

Le nouveau siège de French Lines est situé 54 rue Louis Richard, dans d’anciens ateliers municipaux chargés d’histoire. En effet, les Ateliers de la rue Louis Richard ont été fondés en 1896 par l’ingénieur alsacien Jean-Jacques Heilmann pour y fabriquer la locomotive thermoélectrique appelée La Fusée. L’établissement a été racheté dès 1898 par la société américaine de matériel électrique Westinghouse puis, en 1920, par la Compagnie Électro-Mécanique. Cette usine a fermé en 1960 et a été convertie en entrepôts et ateliers pour la Ville du Havre. Les Ateliers de la rue Louis Richard se composent d’une construction de trois étages, avec structure métallique apparente et remplissage en briques. Les toits en sheds sont typiques de l’architecture industrielle de la seconde moitié du XIXe siècle. Cet ensemble a conservé ses façades d’origine et toutes ses caractéristiques de bâtiment industriel.

Le déménagement a constitué un défi technique, humain et matériel mais aussi financier considérable puisque le coût de l’opération est évalué à près de 600 000€ TTC, soit l’équivalent d’un an et demi du budget ordinaire de l’Association. French Lines (dont le nom évoque la célèbre ligne Le Havre - New York, surnommée la French Line) gère depuis près de 20 ans un patrimoine composé d’objets et d’archives historiques des grandes entreprises de la Marine marchande française.

French Lines emploie actuellement 8 salariés, s’appuie sur un réseau d’une soixantaine de bénévoles et de près de 600 adhérents. Son budget annuel est d’environ 400 000 €. Le déménagement a représenté un événement majeur pour l’Association qui possède une des plus importantes collections françaises et européennes consacrées au patrimoine de la Marine marchande, dont une centaine d’œuvres classées au titre des Monuments historiques.

Le site historique de la Transat qui abritait French Lines jusqu’en octobre 2014, situé quai Joannès Couvert au Havre, devait être rendu aux autorités portuaires du Grand Port Maritime du Havre pour y accueillir un projet industriel du groupe Areva, à savoir les usines destinées à produire des éoliennes marines qui seront embarquées sur de gigantesques barges, à l’endroit même où accostaient les paquebots de la ligne Le Havre - New York.

A l’aube de ses 20 ans, il s’agissait d’un tournant historique pour French Lines qui devait déménager 3200 m² de bureaux et réserves. Le déménagement des collections dans de nouvelles réserves, spécialement aménagées à son intention par la Ville du Havre, démontre l’intérêt de celle-ci pour son histoire maritime et représentait aussi une formidable opportunité, de nouveaux locaux fonctionnels permettant notamment de mieux conserver et de mieux valoriser les collections. Sur un coût global du déménagement estimé à près de 600 000 euros, la moitié fut consacrée au chantier des collections mené en interne (lequel a notamment permis de progresser de manière significative dans les pré-inventaires des différents fonds), à la préparation et à l’emballage des fonds. Une attention toute particulière fut apportée au renouvellement ou à la création de conditionnements pérennes et répondant aux normes de conservation préventive. L’autre moitié du budget a été affectée aux opérations de manutention, de transport (environ 8 semaines consacrées au déménagement proprement dit) et à l’achat de matériel de stockage adapté (plate-forme, cantilever, armoires métalliques et racks…).

Le patrimoine dont l’Association French Lines a pour but la sauvegarde, la conservation et la valorisation se compose plus précisément d’archives (rapports de voyages, dossiers du personnel, archives administratives, plans des navires, publicité etc…), d’objets (affiches, arts de la table, objets publicitaires, textiles, mobilier et maquettes, menus, médailles, instruments techniques, arts graphiques…), d’une bibliothèque de 30 000 volumes dont un dépôt de la bibliothèque des Armateurs de France, de photographies (environ 80 000 photographies sur divers supports, illustrant les navires, la vie à bord, les ports à travers le monde), de films (plus de 300 titres moyens et courts métrages publicitaires et films amateurs) et d’un fonds de mémoire orale constitué d’interviews de personnes ayant un lien avec la Marine marchande (anciens navigants et sédentaires, témoins privilégiés, passagers et souvenirs familiaux…). Les participants à la visite ont ainsi pu découvrir la diversité du patrimoine conservé par l’Association, dont une impressionnante collection de plus de 300 maquettes de navires et l’ampleur des archives papiers conservées (5 km linaires). L’inventaire de la collection est toujours en cours afin de répertorier et de classer les documents par compagnies maritimes, navires etc…

French Lines ne disposant pas pour le moment de lieu d’exposition permanent, elle assure son rôle de diffusion de la collection par l’accueil de professionnels et de particuliers qui souhaitent consulter les différents fonds (chercheurs, généalogistes, passionnés…). Le patrimoine conservé par French Lines est également présenté au public le plus large possible, tant en France qu’à l’étranger, par le biais d’expositions temporaires et de prêts à diverses institutions culturelles. Chaque année, ce sont plusieurs centaines d’œuvres et d’archives qui sont ainsi présentées et exposées, autour de thématiques aussi variées que la gastronomie et les arts de la table, les arts décoratifs à bord des paquebots, l’histoire de la conteneurisation, les loisirs en mer, les prouesses industrielles ou encore les métiers de la Marine marchande.

L’Association French Lines nous a fait part de ses difficultés économiques qui impactent notamment la mise en place d’une base de données informatique permettant de gérer plus aisément ce patrimoine. Actuellement, la priorité est donnée au renouvellement du site Internet, vitrine indispensable des activités de French Lines, avant d’entamer dans une deuxième phase la recherche de financements pour les bases de données. L’objectif, à terme, est de créer un véritable portail numérique consacré au patrimoine de la Marine marchande.

Enfin, le déménagement dans le bâtiment réhabilité de la rue Louis Richard a fait apparaître d’importants problèmes d’hygrothermie, rendant très difficile le travail de conservation préventive sur les collections. Seulement quelques semaines après l’achèvement du déménagement, des développements importants de moisissures ont pu être observés, grâce notamment à l’instauration d’inspections régulières de chaque réserve. Alertée par l’équipe de French Lines, la Ville du Havre a immédiatement manifesté sa volonté de faire face à cette situation préoccupante. Quelques jours après la visite de l’AFROA, un système d’urgence de contrôle du climat était mis en place dans l’une des réserves. Actuellement, des solutions permanentes de contrôle du climat pour l’ensemble des réserves sont à l’étude et devraient permettre d’engager une nouvelle phase de travaux dans le courant du premier semestre 2016. French Lines n’en a donc pas terminé avec ses chantiers mais cela devrait, nous l’espérons, améliorer la situation à moyen terme.

VISITE DU MUSÉE GUSTAVE MOREAU
LE LUNDI 13 AVRIL 2015

Dans le cadre des visites « De régisseurs à régisseurs » qu’elle organise, l’AFROA a permis à 13 adhérents d’assister à une présentation des espaces nouvellement rénovés ou créés du Musée Gustave Moreau, le lundi 13 avril 2015 à 13h, pendant la fermeture du musée au public.

Mme Christel Sanguinetti-Feghali, régisseur au musée, a très aimablement accueilli le groupe et lui a présenté le résultat des travaux réalisés dans le cadre du plan musées 2011-2014 (2,5 millions d’euros), ayant duré un an et ayant permis la réhabilitation des trois étages accessibles au public (appartements du peintre au premier étage et les ateliers aux deux derniers étages, rouverts en janvier 2014) et du rez-de-chaussée (rouvert en janvier 2015), ainsi que la création d’un sous-sol qui abrite désormais trois réserves, une salle de consultation et la bibliothèque.

Dans les espaces d’exposition ouverts au public, Mme Christel Sanguinetti-Feghali a détaillé le projet muséographique du musée qui a conditionné les travaux. L’objectif était de restituer l’aspect d’origine de la Maison-musée (celui de 1903), selon les souhaits émis par le peintre dans son legs à l’Etat, tout en assurant la bonne conservation des œuvres in situ (parmi lesquelles 10 686 dessins reconditionnés et placés en réserve et 1220 œuvres exposées au rez-de-chaussée dont 208 visibles).
Avant le début des travaux, une couverture photographique de l’ensemble des pièces a été réalisée, ainsi qu’un relevé métrique, afin de faciliter l’accrochage post-travaux.
La peinture blanche des années 1950 couvrant les murs a été enlevée et les murs ont été retapissés par de nouveaux lés de papier peint, réalisés spécialement par une manufacture employant les techniques du XIXe siècle, d’après les anciens fragments identifiés par l’équipe de conservation du musée. De même, les cartels d’origine dégradés ou manquants ont été refaits à l’identique. Par ailleurs, pour répondre aux normes, de nouveaux éclairages ont été installés et des mises à distance fixées au sol devant les œuvres dans les petites salles. Par souci de conservation (leur rotation étant rendue impossible par la nécessité muséale de laisser l’accrochage de 1903), les grands dessins préparatoires exposés au rez-de-chaussée sont des fac-similés : un système de double cadre aéré permet au dessin original de se trouver derrière son fac-similé pour un gain de place et pour assurer une protection de la lumière.
De même, certains placards à volets pivotants dessinés par Moreau, destinés à permettre la consultation de dessins ou d’aquarelles, ont dû être réaménagés de crochets et de pitons afin de les laisser fermer (seuls les surveillants peuvent les ouvrir pour contrôler la manipulation par les visiteurs, et l’installation de butées a permis de réduire les chocs qui dégradent régulièrement les cadres d’origine.
Enfin, le système d’accrochage des œuvres par patte de fixation a été uniformisé.

Au sous-sol, Mme Christel Sanguinetti-Feghali a décrit les travaux d’aménagement qui ont permis la création de réserves. Pour disposer d’espaces de stockage sur le site d’une Maison-musée classée et non modifiable, il a fallu creuser un sous-sol pour ne pas dénaturer l’aspect extérieur de la maison et sa distribution interne. Pour des raisons d’accès au site, l’ensemble des gravats a même dû être évacués à dos d’hommes. Ainsi, 176m² d’espaces ont été creusés pour accueillir des réserves et une salle de consultation qui permet aux équipes scientifiques d’autres institutions de pouvoir observer les œuvres, sur réservation, pour de futurs prêts ou des travaux de recherche.
Durant les travaux, les œuvres ont été acheminées vers un site extérieur sécurisé appartenant au transporteur lauréat du marché public : cette opération a été l’occasion de mener un chantier des collections sur les collections (notamment les œuvres d’art graphique) dans l’espace transitoire loué au transporteur, pendant 11 mois. Mme Christel Sanguinetti-Feghali a montré les conditionnements réalisés par des restaurateurs et l’équipe de conservation lors de ce chantier des collections. Ces œuvres ont ensuite intégré ces espaces de réserves, une fois que les conditions hydriques s’étaient stabilisées (il a fallu attendre un mois supplémentaire pour que la peinture des murs puisse être totalement sèche). Elles sont placées dans la réserve non pas par dimensions mais selon les numéros d’inventaire pour conserver le système de classement de Gustave Moreau.

L’AFROA remercie vivement Christel Sanguinetti-Feghali pour la présentation de son travail, pour ses explications les nouveaux aménagements muséographiques et pour le temps qu’elle a pu accorder aux adhérents.

VISITE DES RÉSERVES DE LA DIRECTION DU PATRIMOINE DE LA MAISON LOUIS VUITTON
LE VENDREDI 27 MARS 2015

Le vendredi 27 mars, 13 membres de l’AFROA ont eu l’opportunité de découvrir le fonctionnement et les réserves dépendant de la Direction du Patrimoine de la Maison Louis Vuitton. Les membres de l’association ont été chaleureusement accueillis par Hélène Favrel, régisseur des collections, qui a animé cette visite.

Le service du Patrimoine existe depuis les années 70. Il est aujourd’hui composé d’une Responsable des Collections, d’une Chargée de Conservation, d’une chargée de l’inventaire et d’une chargée de la régie des Collections et pour la gestion des Archives d’une Responsable et d’une documentaliste. Le Service du Patrimoine a comme missions :

  • - la gestion et la conservation de la collection de la Maison Louis Vuitton
  • - la diffusion et la promotion de la collection par des prêts à l’occasion d’évènements et d’expositions
  • - mais également la mise à disposition des objets aux designers et au service communication de LVM

Né de la volonté de la famille de conserver le patrimoine de la Maison Louis Vuitton, cette collection est constituée de pièces produites par la Maison Louis Vuitton, d’archives, de photographies liées à leur histoire et à leur production ainsi que de la collection personnelle de Gaston-Louis Vuitton composée d’objets de voyage, depuis le Moyen Âge jusqu’à nos jours. La collection continue aujourd’hui de s’enrichir.

D’abord envisagée comme un élément de promotion de la marque, la collection de la Maison Louis Vuitton a fait l’objet, à partir des années 2000, d’une réflexion plus poussée sur sa conservation. En 2006, un chantier des collections a été lancé pour professionnaliser la gestion de son patrimoine et préparer la mise en place de réserves plus adaptées. Ouvert en 2009, le site actuel des réserves regroupe des espaces de stockage et de travail (studios photos, des espaces d’inventaire et de restauration modulables, des espaces d’emballages et de transit). De plus, les réserves accueillent des visiteurs permettant de remplir sa mission de réserve ouverte à ses collaborateurs.

JOURNÉE CINÉMA

Le dimanche 8 mars 2015, l’AFROA a organisé un après-midi dédié à la relation entre les musées et le cinéma, à l’occasion de la première semaine de diffusion dans certaines salles parisiennes du film « Le grand musée » de Johannes Holzhausen.

Suite à un déjeuner convivial dans une crêperie, huit régisseurs et une restauratrice spécialisée en métal archéologique soutenant l’initiative ont pu apprécier le film qui retrace les coulisses de la rénovation d’une aile du Kunsthistorische Museum de Vienne (http://www.programme-tv.net/cinema/5516643-le-grand-musee/).

Après la projection, certains participants se sont rendus à la Cinémathèque française afin de bénéficier, grâce à Isabelle Regelsperger, régisseur à la CF et secrétaire de l’AFROA, de l’entrée gratuite à l’exposition « Chef décorateur », métier qui rappelle par beaucoup d’aspects celui de scénographe d’expositions (http://www.cinematheque.fr/fr/musee-collections/musee/exposition-musee-profess.html).

VISITE DU DÉPARTEMENT DES RESTAURATEURS DE L’INSTITUT NATIONAL DU PATRIMOINE

Profitant de la Journée Portes ouvertes organisée au département des restaurateurs de l’Institut national du patrimoine (Inp), le 19/09/2014, l’Afroa a invité 12 adhérents pour observer les ateliers de restauration et la méthodologie enseignée dans cet établissement d’enseignement supérieur du Ministère de la Culture et de la Communication.

Histoire

Jocelyn Périllat-Mercerot, responsable de la régie des œuvres à l’Inp, a tout d’abord présenté l’histoire du département, depuis sa création en 1977 sous la forme de l’Institut français de restauration des œuvres d’art (Ifroa) jusqu’à son rattachement à l’Ecole nationale du patrimoine (Enp) en 1996 et à sa transformation en département des restaurateurs de l’Inp en 2001, pendant du département des conservateurs de l’Inp.

Pédagogie

La formation initiale du département des restaurateurs dispense durant 5 années des cours théoriques et pratiques aux étudiants, reçus par concours : histoire de l’art, sciences physique et chimique, dessin, techniques de fabrication, déontologie de la restauration, pratique de la conservation et de la restauration… A la suite de 2 stages dans des ateliers (3 mois en France et 6 mois à l’étranger), les étudiants consacrent leur 5ème année d’étude à une œuvre (ou corpus d’œuvres) dans le cadre de leur travail de mémoire : les soutenances, publiques, se déroulent les deux premières semaines de septembre de chaque année dans l’amphithéâtre de l’Inha.

En parallèle de cette formation initiale, la formation permanente du département propose toute l’année des stages de formation payants à destination des professionnels d’établissements patrimoniaux.

Espaces de travail

En 1995, l’Ifroa quitte les locaux du Mobilier national dans Paris et s’installe dans une usine de métallurgie désaffectée de Saint-Denis. Cette dernière est transformée afin de pouvoir accueillir les 7 sections du département (Arts du feu, Arts graphiques, Arts textile, Mobilier, Peinture, Photographie et Sculpture), une bibliothèque de référence et un laboratoire (doté d’une Microfluorescence X, d’une cabine de radiographie, d’une chromatographie en phase gazeuse couplée à la spectrométrie de masse…).

Les élèves et enseignants de l’Inp (restaurateurs diplômés) ont pu dialoguer et montrer aux adhérents de l’Afroa les techniques de conservation-restauration apprises au cours des différentes années de la formation, la méthodologie du constat d’état ou encore les modes d’application de la déontologie de la restauration (réversibilité, emploi de matériaux neutres, traitement non-illusionniste).

L’ingénieur d’étude du laboratoire a expliqué le fonctionnement des appareils d’analyse et la façon de comprendre les résultats obtenus.

 

La régie des œuvres

Dans le cadre de cette formation, les élèves apprennent les procédés de conservation-restauration sur des œuvres et objets confiés par des établissements patrimoniaux publics. Une bonne gestion de l’inventaire et des réserves, un suivi rigoureux des prêts (400 œuvres environ présentes en continu, avec en moyenne 20 arrivées et 20 départs d’œuvres par mois) et une bonne compréhension de la pédagogie enseignée contribuent à la réussite de la formation des élèves.

Par ailleurs, même s’il n’existe pas de régie d’exposition (sauf exceptions), le régisseur des œuvres de l’Inp participe à la formation des étudiants en dispensant des cours (mouvement des œuvres, instruments de mesure, matériaux de conservation…), en les encadrant lors de chantiers des collections menés dans des sites extérieurs ou en prodiguant des conseils de conservation préventive.

 

Remerciements

L’Afroa tient à remercier l’ensemble de l’équipe de l’Inp, les responsables des ateliers et les étudiants qui ont su partager leur passion, leur regard sur les objets et leur approche méthodologique.

VISITE DE LA MAISON DE VENTES AUX ENCHÈRES CHRISTIE’S

Afin de connaître une nouvelle facette de la régie des œuvres dans un contexte hors muséal, l’Afroa a proposé à 19 adhérents de visiter la maison de ventes aux enchères Christie’s, le 12 septembre 2014. Cette visite a été pilotée par Mme Dorothée Gruser, régisseure au sein de l’établissement et trésorière de l’Afroa, qui a pu expliquer au groupe l’organisation très particulière du service de la régie, conditionnée par des missions propres à une maison de ventes.

L’histoire de la maison de ventes

Cette institution, fondée par James Christie en 1766 à Londres, organise près de 1 000 ventes par an dans le monde entier, mettant en rapport vendeurs et acheteurs de tous les continents et mobilisant ses équipes d’experts travaillant pour 15 départements spécialisés (Arts Africain, Océanien, Précolombien ou Asiatique, Arts Décoratifs du XXème siècle, Dessins anciens, Livres et Manuscrits, Mobilier et Objets d’Art…).

En France, Christie’s a ouvert son premier bureau en 1968 et a inauguré en 2001 sa salle de vente dans l’ancien hôtel particulier parisien des sœurs Callot, couturières du début du XXème siècle. Cet espace de 4 500 m² compte une salle de vente et huit salles pour l’organisation d’expositions : ces expositions ont pour objectif de développer l’image de Christie’s comme acteur culturel parisien, en parallèle du travail de vente aux enchères.

Expositions et valorisation des œuvres mises à la vente

En moyenne, 10 000 œuvres sont accueillies par la maison de ventes à Paris chaque année et 7 000 d’entre elles sont vendues.

Avant la vente, les œuvres sont exposées dans les salons de l’hôtel, ouverts au public pour lui permettre d’observer et de participer éventuellement aux enchères. Le rythme des expositions est très soutenu pour la Régie = : 3 jours sont nécessaires au montage et 1 journée ou nuit pour le démontage, chaque exposition durant de 3 à 5 jours seulement.

Chaque salle d’exposition est surveillée en continu par un agent au moins et des caméras de contrôle.

Avant l’exposition, les œuvres restent environ 3 mois dans les réserves sécurisées de la maison de vente, temps nécessaire pour procéder au "code-barrage" des œuvres, à l’intégration de celles-ci dans un registre d’inventaire, à l’étude des œuvres et à la campagne de photographies en vue de rédiger les notices qui seront publiées dans le catalogue de ventes, et à la réflexion scénographique.

 

Transport et manipulation des œuvres

Christie’s a choisi la société Monin pour assurer le transport des œuvres entre les différents sites. Un département shipping gère les transports entre les clients et Christie’s avec les transporteurs du monde entier.

La maison de ventes se situant dans un ancien immeuble d’habitation, le déplacement des œuvres n’est pas toujours aisé puisque l’ascenseur n’est pas adapté au transfert d’œuvres. Pour la même raison, la modularité des salles est primordiale : ponctuellement, un salon d’exposition peut devenir une salle de réunion, une salle privatisée pour montrer une œuvre à vendre aux particuliers ou une salle pour les campagnes photographiques.

Les œuvres peuvent également venir temporairement dans la maison parisienne pour être expertisées avant de regagner une autre maison de ventes de Christie’s en Europe où elles seront vendues avec leur certificat d’authentification.

Pour l’ensemble de ces mouvements, Dorothée Gruser est aidée par 5 porters.

Des réserves à la vente

Une fois adjugées dans la salle de ventes où leur image est projetée, les œuvres stockées dans les réserves sont remises à leurs acquéreurs par les porters, soit immédiatement, soit par livraison au domicile du nouveau propriétaire par le transporteur de son choix.

Cette visite a permis aux adhérents de visiter les réserves de Christie’s et les différents salons d’exposition dans lesquels étaient présentés des œuvres d’Art d’Afrique, d’Océanie et d’Amérique du Nord, des œuvres de Jean Dubuffet, des bijoux Dolce Gabbana, ou du mobilier Empire de la collection Abbot-Guggenheim.

L’Afroa remercie vivement Dorothée Gruser pour la présentation de son travail et pour le temps qu’elle a pu accorder aux adhérents.

 

LES RENCONTRES PROFESSIONNELLES

DERNIÈREMENT

RENCONTRE AUTOUR DU THÈME DE LA SÉCURITÉ DES COLLECTIONS

Une présentation des problématiques liées au risque incendie et au crues a été proposée le 8 décembre dernier. Le lieutenant-colonel Dominique Jager, conseiller sécurité incendie pour les musées au Ministère de la Culture, a assuré cette intervention lors d’une rencontre rassemblant une quarantaine de collègues dans un salle de l’Inp.

Durant cette journée, nous avons abordé les thématiques suivantes :

  • - les différents facteurs de risques et leurs conséquences
  • - rappel des obligations liées aux différentes fonctions des agents
  • - le plan de protection des œuvres, le plan de sauvegarde des collections, etc.
  • - le plan de prévention du risque inondation